Oh confort, mon bon confort…

Alors nous voilà pris à notre propre piège : celui de nos croyances et du poids de nos habitudes.
La société moderne a pris racine et, presque partout sur terre, a remplacé les sociétés indigènes, sobres par nature et incroyablement en harmonie avec la nature. Au fur et à mesure que le modèle techno-capitaliste s’est imposé sur terre comme le seul modèle « viable » (regardez les dégâts du communisme et autres formes collectivistes ricanent encore certains). Nous avons tous pris nos aises, nous avons pris goût au confort. Il suffit de regarder les habitudes liées au chauffage, et maintenant liées à la climatisation de nos lieux de vie (habitat, travail, voiture, bus, etc.) Quel plaisir pourrait-on trouver à se restreindre ? Quel déchirement que de devoir abandonner son rêve de confort, été comme hiver. Quelle déchéance que de devoir avoir un peu froid en hiver, chaud en été ! Tout cela est socialement très incorrect. Et que vont dire de nous nos voisins ? De la dignité, que diable !

Comment responsabiliser davantage un homme asservi par la consommation, l’endettement, le stress au travail et les loisirs avilissants ? Lobotomisé par la télévision ?
Où trouver le temps pour une action citoyenne ? Préfère-t-on attendre que ça passe, si tant est que nos problèmes actuels ne soient que passagers ? Y a-t-il des nostalgiques d’une « bonne guerre » comme solution ultime ? Bof ! S’il ne sert à rien de culpabiliser les autres, alors il faut croire en la force de l’exemple. Croire en l’effet contagieux des initiatives collectives locales. www.fondapol.org

On est là bien loin du collectivisme soviétique. Mais on va tenter, pour notre survie et celle de nos descendants, une fusion « socio-économique », en prenant le meilleur des deux mondes (capitaliste et communiste). Illusion transcendantale ? Sceptiques, s’abstenir.

Suffisait d’y penser, au lieu de se laisser enfumer à chaque élection ! L’autocritique est un droit et un devoir pour chaque personne adulte et vaccinée. Encore faut-il que les puissants politiques, financiers, industriels et même religieux ne mettent pas trop de bâtons dans les roues de cette somme diffuse d’initiatives.

Comme le diable est toujours dans les détails, il va falloir rester vigilant dans les véritables objectifs de changement qui vont être fixés. L’homme n’est pas à son premier coup d’essai, depuis l’invention du concept de développement durable (un oxymore pour certains, une bouée de sauvetage pour d’autres) il y a déjà plusieurs décennies.  Il paraît qu’on parlait déjà de gestion « soutenable » en France en 1346 !

Apprenons à trier le bon grain de l’ivraie, entre le green washing ou simple effet d’annonce (publicitaire ou « corporate ») d’une part et, d’autre part, les actions réelles et conséquentes, bref les progrès !

On n’empêchera pas le doute de ceux qui rejettent en bloc ce non-sens, cet oxymore (on ne peut à la fois poursuivre le « toujours plus » du développement et que cela dure indéfiniment… d’où l’image des 2, 3 planètes ou plus nécessaires pour atteindre ce but). Le comble dans cette histoire est que cette grande question centrale du développement reste terriblement centralisée dans quelques carrés VIP et autres sectes maçonniques.

A quel peuple a-t-on véritablement posé la question ? Quel débat démocratique ? On connaît le décalage entre les paroles, les intentions de changer et les actes. Alors le changement sera-t-il démocratique ou le fait d’une nouvelle tyrannie ? Là on s’éloigne beaucoup de notre « zone de confort ».

Seulement si l’objectif du changement est de passer du « plus » au « mieux » (voir l’excellente video www.storyofstuff.org/movies/the-story-of-solutions/) et si l’enjeu est un certain bonheur, alors il est difficile de croire que c’est une tyrannie qui va nous tirer d’affaire !

La résistance au changement s’accompagne souvent de peine, de douleurs physiques et morales, qui nous tendent, nous opposent alors qu’on devrait au contraire « faire front » et rester unis pour mieux passer la tempête ! Le changement attendu est tellement énorme, pour nous occidentaux mais aussi pour les pays émergents qui ont « déjà signé » (pour le développement à l’occidentale).

Parions sur la génération future et aidons-la à ne pas sombrer dans la toxicomanie dans laquelle nous sommes tombés, pour élever leur conscience et finalement aussi, leur intelligence ! Pas une intelligence artificielle, mais une vraie intelligence humaine faite de sens des responsabilités et d’intelligence émotionnelle. Revenons à l’intelligence pratique, le sens du réel, de la terre et de la vie. Tout le reste, y compris la technologie, doivent rester à un second plan, et non pas devenir une fin en soi avilissante et aveuglante ! Et comme disait un certain Keynes :
« Les économistes sont présentement au volant de notre société, alors qu’ils devraient être sur la banquette arrière.  »

La cure de désintoxication sera longue, certains groupes resteront tentés, et pourquoi ne pas le tolérer, à l’usage de quelques opiacés spirituels : des religions plus ou moins avouables. A condition que ces dites religions – au sens de relier les hommes, et non pas de les abrutir et les opposer ! – se réforment et intègrent enfin le monde réel et sa finitude. A chacun sa religion. Il y a celle des optimistes, comme un Jeremy Rifkin qui croit avoir trouvé une belle porte de sortie ou encore un Amory Lovins. Chacun cherchant à influencer quelques « puissants » en Allemagne, aux Etats-Unis, en France aussi…

Il y a aussi les pessimistes, comme Pierre Rabhi qui a beaucoup aidé les hommes mais voit bien que le plus gros reste à faire et qu’il sera bientôt trop tard. Ou encore Hartmut Rosa qui s’inquiète de l’accélération et de tous les dégâts sur l’homme (dépressions, burn out, etc.) et sur la terre (pollutions en tous genres, raréfaction des ressources). Pour ce sociologue, on ne s’est pas encore pris le mur mais on en est déjà assez proche pour en subir les effets.

Après avoir célébré le cent cin­quantième anniversaire de la théorie de l’évolution fondée par Darwin dans L’Origine des espèces, un nouvel essai de Jean-Marie Pelt s’emploie à récuser la fameuse «loi de la jungle» qui, dans une nature réputée «cruelle», serait le seul moteur de l’évolution. Il montre qu’il existe une raison du plus faible : tout au long de l’histoire de la vie sur terre, des premières bactéries jusqu’à l’homme, là où les plus gros et les plus forts n’ont pas su résister aux grands cataclysmes et aux changements climatiques, ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. C’est aussi parmi les plus faibles que sont nées les plus belles histoires de solidarité, par la symbiose. C’est enfin chez les plus vulnérables que l’ingéniosité adaptative a développé ses plus belles inventions.

Notre société humaine, livrée à un esprit de compétition exacerbé, où les «tueurs» de la guerre économique sont venus renforcer les rangs des guerriers dans la lutte pour le «toujours plus», est promise aux mêmes cataclysmes, financiers ou nucléaires, si elle n’entend pas cette leçon de la nature qui fait de l’égoïsme la maladie mortelle des plus forts et de la solidarité la force indéfectible des faibles.

Puisque nous sommes tous responsables de la situation, tous dans le même pétrin, chacun à son niveau devra faire preuve d’exemplarité. Rôle des citoyens, des communes, des associations locales, nationales ou des ONG, rôle de l’éducation nationale, rôle des médias. Ne plus traiter les changements aussi petits soient-ils comme de simples « curiosités locales ». Par exemple le traitement de l’information devra être à la fois valorisant, positif, engageant, mais sans tourner à l’angélisme béat.

Arrêtons de croire en une solution simple et rapide, toute faite ! Notre évolution économique et sociale (« évolution » préférée à « progrès » tant il reste discutable et ambigu !) a mis un certain temps à « décoller » (150, 200 ans ?) Alors tout changement profond passera par une série d’expérimentations, d’essais-erreurs avant de trouver la bonne méthode… la moins douloureuse, la plus « confortable » ! Ou on repassera par la case « chaos ».

Laurent

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