Le quinquennat ou le « zapping » politique

Le XXème siècle a initié de grands changements dans la gouvernance de la France. Nous avons successivement connu une IIIème République empesée et encore teintée de l’esprit du XIXème siècle, un maréchal Pétain aux pouvoirs contestables, des présidents « inaugurateurs de chrysanthèmes » sous la IVème République, et enfin le septennat avec un exécutif fort, instauré par le Général de Gaulle.

La monarchie, morte avec le XIXème siècle et ses multiples révolutions, ne fait plus rêver. Chacun préfère courir après le rêve de Condorcet, cette fameuse idée reprise des Grecs : la République et surtout la Démocratie.

Soit.

Cette idée procède d’un sentiment noble, en faisant appel à la contribution de chacun pour la gouvernance d’un pays, mais en passant sans crier gare au quinquennat, modelé plus ou moins en fonction du régime américain, nous sommes entrés dans une phase de « zapping » politique, qui a encore accéléré le rythme

gouvernemental.

En un siècle, nous sommes passés d’un système quasi monarchique, accompagné d’un pouvoir absolu ou en tout cas fort, à une course contre la montre électorale. L’agenda politique a pris le pas sur l’action, la communication sur la réforme.

Plutôt que de faire, il s’agit surtout désormais de faire savoir.

Dès le premier jour de son mandat, un président joue sa réélection et l’essentiel de la stratégie dérape sur cet objectif au lieu de fonder une politique à moyen ou long terme.  Déjà, l’économiste Keynes disait sous forme de boutade qu’ « à long terme nous serions tous morts », mais le quinquennat a fait passer la politique de la course de fond au sprint.

Quelles réformes majeures se sont faites à travers les siècles en moins de 5 ans ? Le temps de conduire l’analyse et l’audit du pays, vérifier que son programme de campagne soit applicable et le déployer en objectifs concrets et textes législatifs, il ne reste que 18 mois. Or c’est à ce moment-là qu’il faut commencer la campagne et désigner le prochain candidat du parti. Dans le même temps, il convient de déplaire au moins grand nombre et de ne pas commettre d’impair majeur qui obérerait la réussite aux élections.

Le quinquennat avec renouvellement a donc achevé de transformer la gouvernance Française en un « zapping » permanent de mesures inachevées. On ne marche plus en ligne droite jusqu’à l’objectif, on zigzague à travers les courbes de l’audimat et les poussées du baromètre politique.

La France est donc en panne, faute de pilote motivé dans le cockpit.

Plutôt que raccourcir toujours la durée d’action des politiques, la solution ne résiderait-elle pas dans le décennat sans renouvellement ? 

Christèle

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