Violence à l’occidentale

Dans sa Nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu, Bernard Werber aborde la question de la violence avec l’exemple des Indiens d’Amérique. Selon lui, la violence existait bien chez ces tribus, « mais elle était ritualisée. » La violence était toujours mesurée, dans le cadre d’un rapport de force plutôt subtil et symbolique. Pour les Indiens, il s’agissait de montrer aux autres leur force, leur capacité à aller plus loin dans le combat, si nécessaire. « Mais était généralement admise l’inutilité de la violence. » Werber rappelle même : « longtemps, les Indiens ont combattu les pionniers de la conquête de l’Ouest simplement en leur heurtant l’épaule de leur lance, prouvant ainsi qu’ils auraient pu l’enfoncer s’ils l’avaient voulu. » On sait comment les pionniers répliquèrent…

Quel contraste avec les mœurs des cowboys ! Les yankees toujours prompts à se donner des coups de poing et à dégainer leurs Colts ! La violence, chez les colons venus d’Europe, semble pratiquement faire partie de leur ADN. Elle se développa à l’heure de l’esclavagisme et des fameuses guerres civiles américaines. Au XXème siècle, la violence aura pullulé, que ce soit dans les films de guerre ou les films de gangsters. La violence persistera aussi dans la vie réelle, dans la rue et sur les lignes de front. Aujourd’hui encore, la violence, loin d’être une spécificité américaine, reste congénitale dans tout l’Occident. Le développement économique s’est largement basé sur la prédation. La soudaineté de l’agression a permis de prendre l’ennemi – l’autochtone – par surprise, pour mieux s’accaparer des ressources. Aux États-Unis, les tueries à l’arme lourde sont devenues fréquentes. Elles sont peut-être la suite logique et dégénérée des effusions de sang des cowboys d’antan.

Leader de l’emprisonnement et du bombardement

L’indécence de la violence moderne n’est plus de mise lorsque les images du quotidien sont chargées de violence, au chapitre des faits divers du journal télévisé et de l’actualité en continu. Et pour celles et ceux qui auraient, comme par miracle, échappé à l’étalage de violence dans l’actualité, les séries télévisées, un peu partout sur les chaînes télévisée ou sur les nouveaux médias (Netflix, Amazon, etc.), reprennent toutes en cœur le refrain de la violence. Pour se distraire, « pour rire » comme disent les enfants quand ils cherchent à s’excuser d’une mauvaise blague. Sauf que bon an, mal an, les États-Unis d’Amérique demeurent le leader mondial de la violence. Cela va de l’emprisonnement – 710 prisonniers pour 100 000 habitants sur le sol de l’oncle Sam – aux bombardements de masse, partout où les faucons de Washington le jugent nécessaire (Japon, Vietnam, Irak, Syrie, etc.)

Crime organisé et mafia

Le sang coule à flots, les armes à feu sont partout. Tout va bien. La violence a été d’abord utilisée par celles et ceux qui ne voulaient (ou ne pouvaient) négocier avec l’autre, perçu comme un ennemi, comme une gêne stratégique. Les pionniers ont dû être d’abord surpris quand, dans leur grande conquête de l’Ouest, ils croisèrent toute ces tribus indiennes. Entre la surprise, l’incompréhension culturelle et la barrière de la langue, il est assez logique, d’une certaine manière, que ces renégats de la Vieille Europe, ces anciens vagabonds aux mœurs douteuses, usèrent avec tant de force et de détermination, de la violence !

Au final, la violence, aux États-Unis ou ailleurs dans le monde occidental, est intrinsèquement liée à l’histoire des peuples et des nations, à leur fonctionnement interne et à leur rapport au reste du monde.

Laurent

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