Cohérence cardiaque

Les adeptes du yoga travaillent leur cohérence cardiaque, leur apaisement, leur déconnexion pour mieux se reconnecter à l’essentiel. Les chats aussi, instinctivement, sans jamais avoir à y réfléchir… Il est question de gestion du stress, de ralentissement, de mettre en lien souffle et battements cardiaques. Avec à la clé tout un tas d’impacts positifs sur l’humeur, sur le système sympathique/parasympathique, sur l’oxydation, sur la régulation de l’alimentation, etc.

On est donc notre propre « ennemi » ou bien notre propre « ami » selon le soin que l’on porte à cet ensemble d’équilibres (homéostasie) ou de déséquilibres. La répétition de ces déséquilibres contribue à l’émergence des troubles et des maladies en tout genre (problèmes cardiaques, dégénérescence cellulaire, tension artérielle, insomnie, boulimie/anorexie, etc.) Des problèmes réversibles ou irréversibles.

Dans un sens figuré, la cohérence peut reprendre cette notion d’équilibre et d’harmonie, mais à un plan plus intellectuel ou même spirituel. La cohérence du cœur reprendrait alors la fameuse expression du Petit prince de St Exupéry : « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ». La cohérence cardiaque, au sens figuré, nous invite à nous écouter plutôt que de faire semblant de s’écouter tout en avalant sans détachement toutes les injonctions sociales et économiques qui nous encerclent à longueur de temps.

Roberto Grossi, dans sa BD « Dans l’indifférence générale« , met en lumière la tension et les paradoxes de notre existence, au plan individuel, tout autant que les paradoxes et les aberrations de toute notre société. Les crises globales font écho aux tensions locales. Les troubles physiques rejoignent les troubles mentaux. Si le bonheur des uns implique le malheur des autres, alors par empathie, qu’on le veuille ou non, n’est-on pas tous en pleine descente aux enfers ?

Certes, la Terre « prend cher » depuis la Révolution industrielle, l’histoire est toute tracée, bien documentée. Le péché originel remonterait probablement au passage du paléolithique au néolithique, à l’avènement de l’agriculture – cette mise sous tutelle du vivant – et la sédentarisation des hommes. A force d’explosion démographique, de déconnexion, d’exploitation et d’urbanisation, nous sommes devenus insensibles, autistes, sourds à tout ce que nous infligeons à Pacha Mama.

L’incohérence culmine, tout comme pullulent la bêtise, l’ignorance et la mauvaise foi. Dans la sphère publique ou privée. Dans la vie économique ou médiatique. Il faut se méfier voire détester l’autre, son prochain qu’il faut, question de survie, tenir à distance. Il faut battre ou dépasser la concurrence. Il faut gagner, les autres doivent donc perdre. Mais quid alors de la théorie de l’attachement à l’heure du chacun pour soi ? Quid de la nécessaire coopération à l’heure de la compétition mondialisée ? Quid de l’entraide ou de la solidarité à l’heure du moi d’abord ? Ne cherchez pas, docteur…

Et si on pratiquait la cohérence cardiaque de masse ? Ruine des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants de fast food et de soft drinks ! Rationnement des mines de charbon, d’or, d’uranium, des puits de pétrole, des terminaux gaziers. Fermeture des prisons, des casernes militaires, des journaux mainstream spécialisés en mauvaises nouvelles ! Banqueroute des casinos et autres jeux d’argent. Décroissance des grandes banques, des fonds d’investissement, des organismes de crédit à la consommation suite à l’effondrement des « valeurs » matérialistes et autres dogmes consuméristes. Exode urbain massif, accélération de la dénatalité de masse en Occident. Marketing des besoins vitaux remplaçant celui des envies irrépressibles.

La cohérence de masse est une arme de paix massive en somme. Un outil disruptif voire salvateur pour l’espèce humaine, et par ricochet, pour l’ensemble de la chaîne du vivant. Après des décennies de crise (économique, écologique, de la foi, etc.), après des siècles d’incohérence… et si la cohérence n’était qu’un simple retour à la normale ?

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