Miroir aux alouettes

shale gaz

Alléluia ! Voici le GDS. Gaz non pas descendu sur terre mais remonté à sa surface. Remède parfait en temps de crise (hein, une crise, où ça ?!) pour les amateurs de « petits pas ». Pseudo-changement.
Ou comment changer sans trop changer. Il est certain qu’entre brûler du charbon, façon MAV du XIXème siècle et carburer au gaz, le « progrès » est significatif. Mais tout le temps passé à compter dessus (plusieurs années voire plusieurs décennies) c’est autant de temps qui ne sera pas (ou nettement moins) consacré à prendre le virage vers un autre modèle, que nos propres enfants ou petits-enfants pourraient suivre sans nous prendre pour des imbéciles (incapables de changer, de se remettre en question) ou des « petits joueurs ».

Mais les français carburent à l’uranium quand il s’agit de production d’électricité multi-usages (s’éclairer, se chauffer, etc.) Un minerai-carburant puisé jadis dans nos propres mines – propres ? on ne fait d’omelette sans casser d’oeufs ! – puis, un peu plus difficilement, en Afrique. Les français ont préféré tourner le dos à cette option du virage, de la transition. Les français presque à leur insu, continuent à consacrer des sommes à peine croyables (90% de la R&D en solutions énergétiques décarbonées y seraient exclusivement dédiés) dans le projet du siècle (du moins par sa durée de gestation)… ITER, en Provence. La faute à un lobby et à un « corps » (initiales XM). Un projet international, la France en tête, en forme de serpent de mer.

Mais revenons à notre GDS. Confortable idée quand même. Y a qu’à creuser, chouette !
Il est amusant de voir à quel point l’économie, basée sur la confiance de ses acteurs, peut parfois ressembler à une religion. Avec ses dogmes et sa pensée unique, sa faible propension au débat (comme dans une église où le silence et le respect de la haute autorité sont d’or).

Du pétrole ou gaz conventionnel au GDS, on passe d’une énergie non-renouvelable importée à une autre énergie tout aussi non-renouvelable, tout ou partie extraite localement. Sans parler de la longue liste d’effets sur la santé, sur les réserves d’eau, bref sur l’avenir de la vie notamment humaine dans les régions concernées… le GDS pourquoi pas mais à quel coût d’exploitation et pour combien de temps ? Voilà la question souvent étouffée, évitée par les médias « dominants ». Les réponses données sont aussi courtes et rassurantes que possible.
Il est presque inutile de se poser des questions, vu que le progrès technique a réponse à tout ! Ayez confiance.

En France, qui se souvient de la « main visible » de l’état jouant avec la législation (Responsabilité Civile limitée des énergéticiens, astuce importée des Etats-Unis) pour permettre le décollage du nucléaire civil ? Cette même main bien visible boosta le chauffage électrique, en pleine crise pétrolière, pour mieux asseoir LA solution unique à tous nos problèmes. Au passage, une armada de polytechniciens fit la navette entre les cabinets ministériels concernés, EDF et le CEA. Conflit d’intérêt, relations incestueuses ? Pensez donc ! Simple gouvernement par l’urgence, à la française, avec panache ! Quarante ans plus tard nul ne sait que faire des déchets de la fission nucléaire et nul ne peut garantir le bon fonctionnement de nos vieilles centrales dans le respect des contraintes budgétaires.

Comment ne pas s’étonner d’un tel retour de la fougue US face à la prudence (au mieux) ou la torpeur (au pire) de la Vieille Europe. Essayer de comprendre l’impatience de certains membres de l’UE face au doute (attitude incorrecte ?) de pays comme la France. L’avenir dira qui avait raison*. Mais un certain Pascal déclara que « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Et que penser, plus récemment encore, la très franco-française « affaire » de l’écotaxe bloquée par quelques paysans bretons ? Projet bien parti, allant plutôt dans le bon sens, sous le gouvernement précédent (a-t-on à ce point la mémoire courte).

Taxe de trop, très mal nommée, trop mal tombée et surtout, mal expliquée ! Ah, la pédagogie… Pendant ce temps-là,  l’ecotaxe après 2 années d’adaptation est une affaire qui roule en Allemagne, mais aussi en Belgique, en République Tchèque, en Pologne, en Espagne, en Italie et last but not least, au Portugal.

Décidément, la mode est aux solutions apparemment simples et rapides, prêtes à l’emploi ! « Quick fix » comme on dit outre-Atlantique. Miroir aux alouettes ? Alouette, je te plumerai.

Laurent

* L’américain J. Rifkin auteur de la 3ème révolution industrielle parie davantage sur l’Europe que sur
son propre pays

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