Après Paris

La 21ème Conférence des Parties, beaucoup de bruit pour rien ? Cette COP21, comme toute grand messe onusienne, aura-t-elle été à la hauteur des attentes des citoyens ? Après le traumatisme terroriste, il en aura fallu de peu pour que cette conférence ne tourne au fiasco ! Imaginez qu’une vague de froid ne se soit abattue sur Paris, et la tribu des sceptiques, Claude Allègre en tête, aurait pu faire la peau de cette réunion internationale sur le climat.

Que peut-on retenir ? Qu’après un élan optimiste des dirigeants politiques du monde entier, les négociateurs sont tombés sur quelques os. A commencer par l’opposition entre les Etats-Unis et la Chine, tout à fait prévisible. Ces deux superpuissances représentent deux « camps adverses » sur la question de la justice climatique. N’oublions pas, en embuscade, le groupe des pays extracteurs de pétrole, gaz et charbon. Ceux-là, tels des dealers de stupéfiants, ont beaucoup trop à perdre pour ne pas tenter de torpiller tout projet d’accord ambitieux et réellement contraignant !! A côté de ces géants des énergies fossiles, un pays comme la France fait figure de pays hybride, à la fois gros consommateur d’hydrocarbures et champion de l’énergie nucléaire (allégée au plan du CO2, mais pas au plan de son empreinte écologique).

Le pouvoir de nuisance de nos chers fournisseurs en énergie est incommensurable. Aussi le texte issu de cette quinzaine climatique a-t-il été totalement dépouillé de contenu clair et précis. Quelle est la place des énergies renouvelables ? Quel horizon pour les « fossil fuels » ? Comme le souligne Ophélie Véron dans Terra Eco, la (lente) dynamique des pourparlers sur le climat (qui remontent à 1997, faut-il le rappeler ?) est en parfaite opposition avec les principes du libre-échange. Autrement dit, vu que l’OMC est la seule organisation supranationale à pouvoir de sanction, et vu le rapport de force en faveur des multinationales (et en défaveur des états), les COP se suivront encore longtemps avant qu’il n’en ressorte quoi que ce soit de véritablement engageant et contraignant. Et n’oublions pas la menace de l’arbitrage privé des projets TAFTA et autres, contraires à la justice démocratique.

Selon Arnaud Gossement, avocat de l’environnement, si la COP21 est un succès au plan politique, c’est un échec au plan juridique et scientifique. On pourra néanmoins se consoler en soulignant l’effet d’annonce des grands investisseurs internationaux, qui se mettent au vert et les promesses juteuses de la finance décarbonée. On pourra également applaudir la somme d’initiatives de la société civile, des ONG et des petites et grandes entreprises comprises.

source : Courrier International

Selon Dominique Bourg, philosophe et professeur à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne, l’humanité est confrontée à un défi cognitif majeur. Dans le monde occidental urbanisé, le changement climatique reste faiblement perceptible. L’homme est incapable de percevoir ce qui se passe sur le temps long. Et le changement climatique n’est que l’intensification de phénomènes naturels, comme les tempêtes, la douceur hivernale, les sécheresses… Qu’il est tentant de se dire qu’il y en a toujours eu, de tout temps ! Dominique Bourg souligne le contraste entre l’habitant des Philippines, confronté à des typhons à répétition et les pieds dans l’eau, et l’Européen bien à l’abri et bénéficiant d’un climat tempéré. L’Américain lambda n’est pas épargné par l’intentisification des phénomènes naturels, comme en Californie. Mais il reste enfumé par la propagande climatosceptique, orchestrée par Fox News et confrères et par les lobbies bien installés à Washington.

Après Paris, il restera la question de notre empathie planétaire, à l’heure des réseaux sociaux. Les Africains ressentent l’intensification des inondations (comme au Sénégal), la perte de terres cultivables, des sécheresses (diminution des réserves en eau, désertification au-delà du Sahel). Les gens des îles et les habitants du littoral, partout dans le monde, réalisent au quotidien ce que signifie 400 PPM de CO2. Les populations côtières du monde entier se rendent compte de la fragilité de leur situation. Mais aussi les agriculteurs, les employés des stations de ski, etc. A se demander, de bonne foi, comment le reste du monde peut-il rester de marbre ?

Laurent

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