La vague CSP+

Les étudiants arrivent parfois à nous surprendre sur des choses très simples de la vie. Ainsi lorsqu’ils se voient en train de jouer au vendeur ou au marketeur, leur questionnement en dit long sur certains préjugés. Parmi lesquels celui du ciblage. Un grand classique du ciblage consiste à prendre le critère social comme l’alpha et l’oméga du « découpage » du marché. Ainsi l’on retrouve, en tête de leurs priorités d’apprentis-marketeurs, la référence aux fameuses catégories socio-professionnelles (CSP). Et là, les jeunes ne manquent pas de viser haut, c’est-à-dire de viser non pas la lune, mais tout de même, viser les « CSP+ »

Ainsi les CSP+ ne manquent pas d’attirer le chaland ! Car qui dit CSP+ dit avant tout une clientèle très solvable et disposant d’un budget élevé ! Et puis on ne peut pas reprocher aux jeunes d’être au courant de ce qui se passe dans le monde. Il ne leur a pas échappé qu’étaient arrivés sur le marché mondial, via le décollage économique des BRICS, des millions de nouveaux consommateurs à haut pouvoir d’achat. Et pour le reste, séries télévisées, films et autres émissions de téléréalité les ont projeté dans un luxe, un monde bling bling dans lequel, au-dehors de la CSP+… point de salut ! Même les rappeurs ont craqué pour la CSP+ pour ne pas avoir l’air ringard. Tout cela est peut-être le signe d’une peur du déclin du monde occidental face au reste du monde.

Tous CSP+ ?

Loin, très loin de ce monde de Bisounours (où l’on serait tous très riches et gavés d’objets superflus), la réalité du « rest of the world » est tout autre. Les élites ont longtemps cru que l’économie, réelle ou financière, serait comme un course sans fin, et sans limite. Hervé Kempf, entre autres journalistes dissidents, nous avait prévenu. Exit la « fin de l’histoire ». La société postmoderne n’ayant plus de progrès réel à offrir aux masses, malgré les diktat de la mode et du luxe. Malgré les apparences que « tout va très bien, Madame la Marquise ». Entre peur du cancer terroriste, du cancer tout court et peur du déclin, voilà à peu près où nous en sommes. Il n’y a bien que les publicitaires pour continuer de s’extasier en mode « nouvel i Phone… » ou façon « we love technologie ».

Entre nos peurs d’un côté et nos envies de l’autre, qu’il est difficile de se frayer un chemin ! Nos peurs et nos envies nous font perdre l’équilibre, au point de perdre la raison. Il n’est pas concevable qu’un pays entier, pas plus que le monde entier, ne devienne « CSP+ ». Et pourtant il doit bien y avoir une autre façon de voir la vie. Sans forcément se projeter loin devant. Juste pour mieux apprécier le quotidien. Sans peur et sans regret d’ordre exclusivement matériel. En tout cas, cette obsession juvénile de la CSP+ laisse un grand boulevard pour d’autres mondes, loin de toute catégorisation !

Laurent

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