Les forêts précèdent les hommes

On attribue souvent à Chateaubriand d’avoir déclaré : « les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent ». L’idée est présente dans ses œuvres (Voyages et Atala).

Cet adage sur le lien tragique entre l’homme et la forêt trouve de nombreuses illustrations, sous nos yeux ou dans des contrées lointaines. Que l’on songe au bassin méditerranéen, plus particulièrement de la Grèce, jadis recouverte d’une vaste forêt, ou de l’Espagne, qu’un écureuil pouvait traverser d’arbre en arbre des Pyrénées à Gibraltar, ou encore du Liban et ses légendaires forêts de cèdres.

Ailleurs, et bien avant le grand massacre de l’Amazonie, l’on peut songer au triste sort d’Haïti, dont la déforestation s’est accompagnée d’un appauvrissement tant climatique qu’économique. Sans oublier le cas de la Chine, notamment sur toute sa frange occidentale et méridionale, autrement dit la moitié de la superficie de l’Empire du milieu, en proie à la désertification. L’appauvrissement des terres engendre un appauvrissement économique et crée des tensions sociales, des conflits et des migrations.

Frontière entre Haïti et la République Dominicaine

L’exemple chinois est assez significatif de ce que devrait être le développement durable. Les dirigeants de la future première puissance mondiale ont annoncé que « La Chine s’en tiendra à son engagement de lutter contre la désertification et renforcera encore la coopération avec toutes les parties et les communautés internationales pour faire des efforts conjoints pour un monde meilleur ». Il est permis de douter de la réelle portée des belles paroles d’un dirigeant politique, fut-ce de Xi Jiping. Mais l’on ne peut que se féliciter de cette volonté affichée de leadership, de cette vision stratégique en matière de protection de l’environnement, du moment qu’elle est suivie d’investissements et d’actions concrètes.

Car au fond, ces histoires de déforestation et de désertification ne sont ni des lubies passagères, ni des mésaventures humaines de courte durée. Les dégradations sont des coups portés sur la durée, envers nous même, selon le principe du boomerang ! Aussi, selon toute logique, les réparations (certains parlent d’afforestation) se feront également sur la durée, elles prendront du temps, plusieurs générations peut-être. Car il n’y a pas de solution rapide, ni de technologie miracle. N’en déplaise à quelques charlatans !

Plus près de nous, Édouard Herriot, ancien maire de Lyon pendant un demi-siècle, aurait un jour déclaré que : « la forêt est la mère des pluies et des rosées ». La leçon de cet ancien diplômé de l’École Normale Supérieure aura mis du temps à être vraiment comprise. Cet effet retard, en matière de passage à l’acte, semble démontrer au moins deux choses :

  • La première, c’est qu’au quotidien l’homme moderne, épris de gestion et d’intendance routinière, n’a jamais vraiment placé la protection de son patrimoine naturel en tête de liste. Question de priorités, en somme…
  • La deuxième, c’est que tant que le tort causé n’est pas trop visible ou sensible par la majorité d’entre nous, faire l’autruche aura été un petit jeu facile. Jusqu’au moment où les effets de la déforestation n’en deviennent socialement insupportables et donc, par conséquent… « politiquement incorrects » !

Laurent

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