Journal intime d’un touriste du bonheur. Ou le n-ième récit d’un changement de vie, mêlé à l’exotisme de l’Inde aux multiples cultures et approches de la spiritualité. Après Maud Ankaoui, Laurent Gounelle ou Beka (série de BD « Le jour où »), c’est au tour d’un certain Jonathan de nous prendre par la main et de nous laisser surprendre.
Son auteur, Jonathan Lehmann, ancien avocat d’affaires à New York, nous emmène dans un road trip entre luxe et dépouillement, entre approches « à la dure » et lieux d’accueil confortables et bienveillants. Il est aussi connu pour son blog Les antisèches du bonheur.

Dans ce récit autobiographique, il nous interroge sur les valeurs de notre société et nous confronte, parfois brutalement, à l'image que les locaux peuvent avoir de ces visiteurs occidentaux, touristes en quête de sens. D'où l'expression de "shopping spirituel" qui reflète l'étonnement ou l'incompréhension de la population indienne, bercée de traditions bouddhistes ou hindouistes.
Jonathan Lehmann alterne autodérision et provocation. Son écriture est parfois crue, mais toujours sincère. Dans son parcours spirituel, il se refuse d'embrasser un seul dogme. Il ne s'arrête pas à la première école qu'il croise en chemin. Sa pratique de la méditation est ouverte et multiple.
Cette façon assez aléatoire, au gré du vent, fait un peu écho à la sérendipité (le Sri Lanka n'est pas si loin !) Nombreux sont celles et ceux qui, à l'instar de ce voyageur méditatif, choisit le cherry picking plutôt que de jouer tout miser sur le premier ashram.
Faut-il aveuglément valoriser l'approche "shopping spirituel" au détriment d'une approche plus posée et stabilisée ? Chacun voit midi à sa porte et chacun progresse à son propre rythme. En tout cas la lecture de ce récit a le mérite de nous faire un peu échapper du quotidien et de nous aider à relativiser. Ce parcours sinueux qui démarre dans le Rajastan, nous conduit ensuite sur les traces de Fabulous Four (Rikishek) au pied de l'Himalaya, puis à Varanasi (Bénarès), en aval sur le Gange, fleuve symbole de vie et de mort.
Alors bien sûr, si l'on remet cette quête en perspectives, à l'heure de la mondialisation galopante, de la crise du modèle occidental, cette quête individuelle peut sembler bien dérisoire ! Et pourtant...









