Expression emprunté à un certain Cheissoux, jongleur de formules et présentateur de l’émission CO2 mon amour.
Ainsi Aurore Dupin, plus connue sous le pseudonyme provocateur George Sand, fille de l’aristocratie du XVIIIème siècle, femme libre et libertine, visionnaire et poétesse, a fait partie de la mouvance crypto-punk-communiste-écologiste (que d’éloges !) qui a largement contribué à faire découvrir la forêt de Fontainebleau. Le plus célèbre « poumon vert » de toute l’Île de France.
Amatrice d’écriture autant que de nature, goûtant sans modération aux plaisirs de la musique avec ses amis Liszt (pop star romantique) puis Chopin avec qui elle fut passionnément liée pendant neuf ans, sensible au chant des oiseaux comme à la beauté des fleurs, amoureuse de la vie, la baronne Dudevant, fréquente des personnalités comme Balzac, Flaubert ou encore Delacroix.
Mais quand la vie mondaine devient trop pesante, George Sand ne résiste pas à l’appel du grand air. Aussi, mi-châtelaine mi-paysanne, l’arrière petite-fille du roi de Pologne tient tout autant au peuple et à ses racines terriennes, héritées de sa mère.

Quant à la forêt de Fontainebleau, elle sera l’écrin de sa grande rencontre romantique avec un certain Alfred de Musset, excusez du peu ! En 1872, elle écrira au sujet de cet écrin de verdure : « Je ne suis pas bien au courant de ce qui s’est passé à l’égard de la foret de Fontainebleau, mais peu importe. Il ne s’agit pas pour moi de critiquer ce que j’ignore, il s’agit d’approuver tout effort tenté pour la conservation de ce monument naturel, très logiquement classé par les pétitionnaires parmi les monuments nationaux. Le dépecer, le vendre, c’est l’anéantir, et je n’hésite pas à jurer que c’est à un sacrilège. »
Il faut souligner son sens de l’engagement, à la pointe d’une certaine avant-garde. Et une modernité qui fait évidemment écho à l’époque dans laquelle nous sommes, cent-cinquante ans plus tard. Qu’aurait-elle dit de la profusion de relents conservateurs dans le mauvais sens du terme ? Qu’aurait-elle pensé, elle qui n’avait vraiment pas sa langue dans sa poche, des errements mysogines et autres volontés de nous faire regarder ailleurs, de jouer encore et toujours à la division plutôt qu’au dialogue raisonnable et raisonné ?
Avec l’école de Barbizon, aux premières heures de l’impressionnisme, les prémices de la désobéissance civile étaient déjà à l’oeuvre. Bien avant les giles jaunes et les « zadistes ». Deux siècles avant le « plan » de reforestation prévoyant de planter un milliard d’arbres en France, déjà en 1824, des ingénieurs très ingénieux voulaient remplacer de vieux arbres par de jeunes pousses (ah, déjà la start-up nation…) de pins, jugés « beaucoup plus rentables »… évidemment… D’après Patrick Scheyder, “En seize ans (de 1831 à 1847), l’administration forestière reboisa 6 200 hectares, dont 5 408 en résineux et 792 en feuillus. D’autres hectares d’essences autochtones sont abattus sans pitié ; “sans valeur”. (in Des arbres à défendre, George Sand et Théodore Rousseau en lutte pour la forêt de Fontainebleau).
Laurent









