La drogue : c’était mieux avant ?

Enième annonce du renforcement des contrôles aux frontières, dans la lutte contre le trafic de cocaïne. La France, champion de la consommation de médicaments - "papi, as-tu pris tes drogues ?" - et marché porteur pour toutes les substances illégales. Et dans le même temps, la France qui cherche une fois de plus à mieux encadrer la vente de cigarettes. Notre attachement aux drogues, licites ou illicites, semble être sans fin. Souvent caché ou bien plus assumé voire banalisé, la drogue constitue à la fois une pratique culturelle et un business juteux.

Mais le problème avec les drogues commence avec leur définition et leur classification. Drogues "dures" ou drogues "douces" ? Drogues excitantes ou apaisantes, avec effet addictif ou sans. Drogues légales (tabac, alcool) ou illégales. Drogues industrielles ou artisanales. Drogues de synthèse, "chimiques" ou drogues naturelles. La drogue, sous diverses formes, pique la curiosité humaine depuis la nuit de temps. Mais qu'est-ce qui a changé dans les pratiques, entre l'époque des sorciers et guérisseurs d'antan et les drug dealers actuels ?

On le déplore souvent, la consommation de drogue semble bien s'être banalisée dans la rue comme derrière les écrans. Activité souvent solitaire, cachée, marginale. Sauf le joint et l'alcool aux pratiques collectives, sociales. On se pose rarement la question de confiance, car il s'agit d'un jeu. Fais tourner, à ta santé... Un rituel purement ludique, un dérivatif, un usage dit "récréatif", bref rien de très sérieux. Sauf bien sûr pour les barons de la drogue, pour les Douanes ou bien pour le Ministère de la Santé. Car la drogue rapporte, énormément. Et la drogue aussi coûte cher, très cher !

Côté consommateurs modernes, comment faire confiance en des compagnons de fumette ou de cuite s'ils ont eux-mêmes perdu la raison, le contrôle ? Côté distribution et qualité du produit... où sont passés les sorcier "dont c'est le métier".

A quoi sont réduits ces SDF et autres marginaux métamphétaminés ? Que font ces traders, top managers, stars du sport ou de l'art (cinéma musique etc.) ? Misère humaine ou liberté créative ?

Mais au fait, peut-on apprendre à se passer de drogues, quelque soit notre âge ? Ne peut-on pas sécréter en secret nos propres psychoactifs ? Question de temps, de disponibilité et d'apprentissage sans doute... Comme le rapportait l'anthropologue Carlos Castaneda, suite à ses travaux au Mexique, apprendre est la chose la plus difficile ! Tandis que consommer, quoi de plus simple ?

Laisser un commentaire