C’est pas l’homme qui prend la mer…

vague-hokusai

Il ne savait pas si bien dire, Renaud ! Sauf que si « la mer c’est dégueulasse » ce n’est pas seulement la faute aux poissons. Et puis suivant sa logique et suivant les observations scientifiques (réserves en baisse, liées à la surpêche, même si tout n’est pas fichu) alors la mer devrait être de plus en plus propre ! Mais à l’époque de cette chanson on n’avait pas encore observé le continent de plastique (« c’est fantastique » comme d’autres l’ont chanté) à la dérive. Symbolique de toute une dérive que certains qualifieraient d’anthropocène…

Mais « no soucis ». Le même génie qui va nous tirer d’affaire de la pollution spatiale (voir « Les poubelles de l’espère ») finira bien par nous trouver une solution technique à ce carnage (ou plutôt poissonnage). Pour le reste (métaux lourds, déchets radioactifs en Méditarranée ou ailleurs) il va quand même falloir plancher quelques années pour trouver la parade !
www.atomicsarchives.chez.com/tcherno_sous_marin.html (je ne connais pas l’auteur de ce site, qui fut peut-être en colère lors de son enquête, m’enfin quand-même…)

Jusqu’à récemment, nos emballages avaient la capacité de durer beaucoup, mais alors beaucoup plus longtemps que les produits qu’ils recouvraient et protégeaient. Dans notre monde aseptisé où le moindre microbe est forcément sinon dangereux, du moins suspect, on a pris goût à ce confort fait d’emballages et autre suremballages. Témoignage d’une ménagère : « Tu comprends, c’est une question souvent de vie ou de mort, à la maison. Si mes courses arrivent en piteux état, ça va être la crise à la maison. Tout le monde va me faire la tête, bonjour l’ambiance ! Le repas en famille sera fichu… » Trop dur, c’est vrai.

Avec un peu de volonté et aussi pour s’affranchir de nos habitudes pétrochimiques, on a réussi d’une part à inventer du « bioplastique », oxodégradable, et à un faire changer les habitudes de la « ménagère » en lui proposant des sacs durables. Ainsi en 10 ans en France, le nombre de sacs serait tombé de 17 milliards à 700 millions. Une initiative privée relayée par les pouvoirs publics (approche bottom-up).

Mais la mer ce n’est pas seulement la partie visible, plus ou moins « plastifiée » comme on le voit à marée basse ou après une tempête. Au niveau de la Terre, paradoxalement, la Mer domine les débats :
– historiquement c’est là qu’est née et s’est développée la vie, ça doit bien avoir une importance…
– mers et océans sont un réservoir inimaginable de biodiversité, aux applications multiples (médecine, énergie, etc.)
– 50% de la production d’oxygène proviendrait des mers. Et on imagine aussi son rôle pour l’absorption de ce pauvre CO2 (la tonne de CO2 ne coûte pratiquement rien). Alors si on commence à comprendre qu’on modifie la mer et ses équilibres par nos déchets en tout genre et par le réchauffement des températures, on n’est certainement pas au bout de nos surprises…
– le poisson est une denrée alimentaire importante, et pas que pour quelques millions de férus de sushis au Japon et dans les pays développés. Non mais, sérieusement, est-on prêt à faire une croix définitive sur la bouillabaisse ou l’aïoli, avec une jolie vue sur la mer de préférence ? Oh, peuchère !

Mais la réalité est simple : la gouvernance mondiale, déjà dépassée par ce qui se passe « à terre » est encore plus démunie au large des côtes. La mer, comme le constatent quelques avocats, est la dernière zone de non droit. Qui se souvient de la lenteur et du niveau de dédommagement suite aux nombreuses marées noires ? On oublie aussi cette facheuse tendance aux dégazages ordinaires (même si les images satellites aident à repérer les plus flagrants), moins spectaculaires donc moins médiatisés. Chaque fois, c’est le combat de David contre Goliath, comme le prouve la dernière « victoire » de BP dans le Golfe du Mexique. Et à chaque accident, dans le monde réel, c’est toute la faune, la flore marine, et l’économie maritime locale qui en prennent pour leur grade et pour des années ! Mais l’homme de la rue est bien loin de tout cela. En attendant les prochains naufrages au Nord de la Russie, sauf à ce que Vlad’ et ses successeurs ne veillent vraiment au grain du transport maritime et de l’exploitation d’hydrocarbures en zone glaciale.

Mais c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme.

Laurent

Post-scriptum : levez les yeux vers le ciel !

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2 réflexions sur “C’est pas l’homme qui prend la mer…

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