Du Moi au Soi, par Thierry Janssen

Thierry Janssen a eu plusieurs vies : tour à tour médecin, directeur dans la mode, romancier, psychothérapeute. Tout a commencé très jeune (dès l’âge de 6 ans, dit-il) avec une intuition, celle vouloir devenir chirurgien. Brillamment, il s’engagea sur une trajectoire quasi-rectiligne : des études de médecine, le titre de Professeur en chirurgie urologique, une formation en Belgique, en France et aux États-Unis. Mais très vite il remarqua un décalage entre ce qu’il était en train de vivre et ce qu’il était, fondamentalement.

Dans « Confidences d’un homme en quête de cohérence » (2012), il témoigne de l’opposition du Moi et du Soi, en commençant par le constat de nos besoins névrotiques, à l’âge adulte, qui trouvent leur origine dans nos craintes, nos peurs venues du passé. Pour Thierry Janssen, nos besoins névrotiques, omniprésents dans la civilisation occidentale, constituent une sorte de puits sans fond. Il s’agit de besoins inépuisables, reflétant une ambition personnelle souvent démesurée, et se caractérisant par notre incapacité de se contenter de l’instant présent. Ces mêmes besoins nous poussent à se projeter systématiquement dans un futur à long terme.

« Trop de Moi empêche d’accéder à Soi ». L’expression du Moi, de notre Ego, nous éloigne de l’essentiel. L’ambition de faire, de posséder, de montrer, peut facilement nous rendre arrogant. Mais cette arrogance n’est qu’une façade, un masque derrière lequel se cache la peur de ne pas y arriver et, finalement, la crainte d’être rejeté.

Confidences-d-un-homme-en-quete-de-coherence

« La logique névrotique est une logique de survie qui finit par nous tuer ». Suite à cette déclaration, lourde de sens, l’auteur tente de nous rassurer. Ainsi, face à cette logique peu accueillante, se dressent des « forces de vie ». Après la survie, place à la vie, la vraie vie en somme.

Tout au long de notre existence, l’Ego s’oppose à l’Essence. Le Moi névrotique face au Soi apaisé. Mais cette paix intérieure n’est pas une évidence. D’ailleurs Thierry Janssen, quand il partage son expérience, son choix assumé, du jour au lendemain, de tout quitter, revient sur ses contradictions. S’il souligne sa liberté retrouvée, pour mieux laisser place à ses désirs, il se souvient que très vite la peur du vide l’avait profondément angoissé. Une liberté toute relative, donc. Il va même jusqu’à déclarer : « ma démission ressemblait à un suicide ».

Il revendique la nécessité de suivre son intuition. Peut-être jusqu’à accepter de prendre les chemins de la sérendipité ? Et pour reprendre un certain Christophe Colomb, « ne pas savoir où l’on va ». Oui mais voilà, le temps et l’argent nous semblent être des valeurs cardinales. Très souvent, elles empêchent la connexion du Soi. Cela passe aussi par l’influence parfois écrasante de notre éducation, de notre culture occidentale qui a fait le choix du Moi au détriment du Soi. Ce qui peut nous entraîner à « faire semblant », à « prendre sur soi », parfois jusqu’à l’excès. A méditer…

Laurent

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