Iraq et Syrie : bis repetita ?

L’Empire ottoman a été une grande puissante jusqu’au début du XXème siècle. Il a été démantelé, alors qu’il était financièrement au bord du gouffre et qu’il ne parvenait plus à résister aux pressions extérieures. Dès le deuxième siège de Vienne, en 1683, le recul s’amorce. Deux siècles plus tard, le navire ottoman prend davantage l’eau suite à la campagne d’Égypte de Napoléon Bonaparte et à la défaite de la guerre de Crimée.

L’Empire ottoman fait partie de ces colosses aux pieds d’argile, au même titre que bien d’autres réalités politiques ou économiques (on peut penser aussi à ces entreprises qu’on croyait « too big to fail »). Cet empire doit son déclin autant aux troubles et velléités internes (mouvements autonomistes, volonté de libéralisation face à un pouvoir autoritaire (notamment celui d’Abdülhamid II entre 1876 et 1908) qu’à la convoitise de ses voisins. Un petit tour du côté de la carte du Moyen-Orient mérite le coup d’oeil.

En effet, l’ancien Empire était assis sur un tas d’or noir, sur le point de devenir une ressource énergétique essentielles dès la fin du XIXème siècle ! Aussi, à cette époque, l’Empire n’était plus adapté à la modernité, en vogue en Occident. Il cherchait à tourner le dos à une grande vague d’ouverture économique et sociale qui culminera en…1913.

La dislocation de cet empire a ouvert la voie au pillage organisé, notamment par deux grandes puissances coloniales en plein essor qu’étaient la France, d’une part, et la Grande-Bretagne, d’autre part. Mais l’Allemagne aussi voulut sa part, avec la construction de la ligne de chemin de fer Istanbul-Bagdad. Sans oublier le voisin russe. L’implosion de cet empire aura donc facilité l’avancement des pions de chaque puissance rivale. La Première guerre mondiale, plaçant les ottomans du même côté que les allemands, aura achevé l’Empire.

Dans les hauteurs caucasiennes, un ancien territoire sous domination ottomane a terriblement souffert de l’explosion de l’Empire. Aux confins des actuelles Turquie, Iraq, Iran et Syrie, le territoire kurde a été morcelé. Voulue par les occidentaux, cette partition apparaît comme une injure à l’existence d’un peuple, d’une culture, la négation d’une nation de plus de 44 millions d’habitants. Par extension, les accords internationaux signés à marche forcée poseront les bases de ce sac de nœud qu’on appelle modestement « Moyen-Orient ». Une terre aride, mais riche dans ses entrailles, qui servira longtemps de station-service au reste du monde.

L’Empire ottoman a été une grande puissante jusqu’au début du XXème siècle. Il a été démantelé, suite à sa ruine et aux pressions et oppressions occidentales, à partir du recul des troupes ottomanes aux portes de Vienne, en passant par la campagne d’Egypte de Napoléon Bonaparte et par la défaite de la guerre de Crimée. L’Empire ottoman fait partie de ces colosses aux pieds d’argile, au même titre que bien d’autres réalités politiques ou économiques (on peut penser aussi à ces entreprises qu’on croyait « too big to fail »). Cet empire doit son déclin autant aux troubles et velléités internes (mouvements autonomistes, volonté de libéralisation face à un pouvoir autoritaire (notamment celui d’Abdülhamid II entre 1876 et 1908) que de la convoitise de forces externes. Un petit tour du côté de la carte du Moyen-Orient mérite le coup d’œil.

En effet, l’ancien Empire était assis sur un tas d’or, ou plutôt, un tas de ressources énergétiques essentielles dès la fin du XIXème siècle. Au fond, l’Empire n’était plus adapté à la modernité, en vogue en Occident. La dislocation de cet empire a ouvert la voie au pillage organisé notamment par deux grandes puissances coloniales en plein essor qu’étaient la France, d’une part, et la Grande-Bretagne, d’autre part. Mais l’Allemagne aussi voulut sa part, avec la construction de la ligne de chemin de fer Istanbul-Bagdad. Sans oublier le voisin russe. L’implosion de cet empire aura donc facilité l’avancement des pions de chaque puissance rivale. La Première guerre mondiale, avec les ottomans du même côté que les allemands, contre le voisin russe, aura quasiment achevé d’affaiblir l’Empire.

Dans les hauteurs caucasiennes, un ancien territoire sous domination ottomane a terriblement souffert de l’explosion de l’Empire. Aux confins des actuelles Turquie, Iraq, Iran et Syrie, le territoire kurde a été morcelé. Voulu par les occidentaux, cette fragmentation du Moyen-Orient, à l’instar du fantomatique Kurdistan, sert évidemment la géopolitique européenne et au-delà. Car comme le rappelle Lisa Romeo dans les Clés du Moyen-Orient, le pétrole est entré dans le quotidien des nations occidentales à partir de 1880. Et si les occidentaux ont financé les premières compagnies pétrolières ottomanes, il est clair que la présence d’un état trop puissant aurait été une entrave à leur privatisation des ressources.

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Sir Mark Sykes et Monsieur François Marie Denis Georges-Picot

En bons stratèges, les diplomates et hommes d’affaires français, allemands ou britanniques ont su composer avec les autorités et les entrepreneurs locaux. Lisa Romeo revient sur les progrès de la Grande-Bretagne. « Après s’être assuré le contrôle de l’Anglo-Persian Oil Company, créée en 1909 pour assurer l’exploitation des gisements perses, le gouvernement britannique cherche à étendre cette concession à la Mésopotamie ottomane. »

« Afin d’éviter les conflits entre les puissances rivales dans la région, il est décidé de former, le 23 octobre 1912, la Turkish Petroleum Company. Cette compagnie, chargée de l’exploitation du pétrole irakien, est composée à 50 % de la National Bank of Turkey (à capitaux principalement anglais), de la Deutsche Bank (25 %) et de l’Anglosaxon Petroleum Company/Royal Dutch Shell (25 %). Ces deux derniers groupes choisissent de céder chacun 2,5 % de leurs actions au financier d’origine arménienne, Calouste Gulbenkian, pour son rôle d’intermédiaire. L’entrée en guerre de l’Empire ottoman en 1914 aux côtés des empires centraux va, par ailleurs, permettre à la Grande-Bretagne de renforcer sa position en Mésopotamie. »

Dès lors, géopolitique, diplomatie et affaires font bon ménage tandis que dans les rues règne le chaos. Diviser pour mieux régner. Terroriser pour mieux anesthésier l’opinion publique. Un peu plus loin, Lisa Romeo ajoute : « L’accord Sykes-Picot de 1916 place, tout d’abord, le vilayet de Mossoul sous influence française. La France accepte d’y renoncer contre une participation de 25 % dans l’exploitation des gisements que pourront fournir ses champs pétroliers. La Grande-Bretagne doit également faire face aux pressions des États-Unis qui prônent la politique de la « porte ouverte ».  En instaurant un mandat sur l’Irak, la Grande-Bretagne s’assure un accès privilégié sur le pétrole irakien. »

Il semblerait donc que l’histoire se répète, entre les petites combines de la Première Guerre mondiale et les récentes combines militaires, que ce soit en Iraq ou juste à côté, en Syrie !

Laurent

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