Faut-il miser sur les bornes de recharge ?

L’automobile à batteries est en plein renouveau, alors même que certains commentateurs rappellent un peu malicieusement que cela existait au début du XXème siècle. Sauf que les batteries étaient au plomb, proposant une très faible autonomie. Rien qu’à Lyon, la Métropole a depuis quelques années installé 250 bornes de recharge. Et vise les 900 bornes en 2019. Rappelons qu’en France il existe un peu plus de 20 000 bornes, pour un parc roulant de plus de 130 000 V.E. Quantitativement, à Lyon comme ailleurs, l’investissement peut sembler ambitieux et dérisoire à la fois.

Ambitieux car il part du principe que l’autonomie étant l’un des principaux freins à l’achat, meilleur sera le maillage des bornes de recharge, plus ces freins auront tendance à disparaître. L’ambition étant in fine de basculer du moteur à combustion au moteur électrique, sans émissions (ou presque). Ou comment entrer dans l’ère de l’après-pétrole.

CNR move-in-pure

cnr.tm.fr

Mais tout cela peut sembler bien dérisoire si l’on raisonne non pas en flux (mise en circulation de nouveaux véhicules électriques, qu’ils soient 100% électriques ou hybrides rechargeables) mais en stock. En stock, c’est-à-dire en tenant compte du parc roulant de véhicules, nous faisons face à l’inertie d’un système tellement ancré dans le paysage qu’il semble presque immuable. Alors ce ne sont pas quelques centaines de bornes électriques qui changeront grand-chose !

Et pourtant, l’offre du Grand Lyon se veut ambitieuse. Elle repose notamment sur un partenariat avec la Compagnie Nationale du Rhône (CNR). Filiale d’Engie, la CNR produit et distribue de l’électricité principalement d’origine hydraulique, provenant des 19 barrages sur le fleuve. Une électricité « verte » de plus du 3 TW (térawatts) à laquelle s’ajoutent 300 MW d’éolien et environ 50 MW de solaire.

Ces projets d’installations de bornes de recharge électrique ne sont-ils que l’arbre qui cache la forêt ? Si l’on met bout à bout l’ensemble des problèmes générés par l’automobile, de l’emprise sur le territoire au bruit, aux accidents et à la pollution atmosphérique (particules, NOx, etc.), il se pourrait bien qu’une simple conversion d’un type de motorisation à un autre ne suffise pas. La pose de bornes de recharge électrique n’est peut-être qu’un pis aller. Car cela ne s’attaque pas aux causes racines du problème.

C’est d’ailleurs certainement pourquoi les pouvoirs publics ne concentrent pas tous leurs efforts sur ce type d’investissement. Pas folle la guêpe ! C’est peut-être aussi pourquoi les transports en commun, le covoiturage et le vélo urbain n’ont pas dit leur dernier mot…

Laurent

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