Quel « monde d’après » ?

Le « monde d’après » est-formule magique dont l’audience ne fait qu’enfler. Le « monde d’après » est une idée sympathique, car constructive, du moins en apparence. La formule est empathique même, car elle reflète un souci d’autrui. Elle nous invite à se projeter.

Le « monde d’après » ne veut pas en rester là. Une fois passé l’état d’urgence actuelle, la force majeure dictée par la pandémie. Le confinement administratif de la France, sera levé, il le faudra bien. 65 millions d’habitants à l’arrêt forcé, cette prison inversée qu’est le confinement, doit aboutir à un autre monde… Un monde meilleur ?

Le professeur de microbiologie Didier Raoult et ses homologues, face aux médecins-politiciens obéissants aux grands laboratoires, voilà pour le monde de maintenant. Le pot de terre contre le pot de ferre ! Des praticiens, souvent ouverts à l’homéopathie et d’approche holistique, face au système majoritaire et dominant. Des hommes de terrain aussi face à la bureaucratie centralisatrice. Un autre match Paris-Province s’est déroulé. Le poids des lobbies les plus puissants n’a pu être évité, bien au contraire. Le confinement n’a rien pu faire face aux collusions classiques entre la politique et le big business.

source : Le Point

L’histoire des grandes épidémies recèle de nombreux enseignements. Les commentateurs ont souvent souligné quelques chiffres sur les pertes occasionnées par la population mondiale lors des épidémies du passé. Mais ils ont souvent été assez silencieux sur les liens entre démographie, économie et environnement. Agents bactériens et viraux ont très souvent été offerts (en guise de remerciement ?) aux hommes. Le grand rapprochement entre l’homme et les autres animaux date de la révolution du Néolithique. Alors que la population s’est accrue et que des groupes humains toujours plus nombreux se sont rassemblés, les vagues d’épidémies ont gagné en ampleur.

Au Moyen-Âge, certains estiment que la moitié de la population française a été décimée par les pires épidémies de peste. On pourrait cyniquement se dire que tout cela n’est pas si grave, et qu’à chaque fois les hommes ont su tirer des leçons, en mode « monde d’après ». Que les hommes ont compris combien la concentration humaine d’une part, et le commerce, d’autre part, étaient parmi les principaux vecteurs de toute pandémie.

Comment ne pas saisir, aujourd’hui encore, le lien de causalité entre urbanisation, mondialisation des échanges, et Covid-19 ?

Qu’est-ce qu’on a pu gloser sur le malheureux pangolin, sur les mœurs des Chinois ! Autant de réactions épidermiques de stigmatisation, et en même temps, de rejet de toute responsabilité. La globalisation au sens moderne, libérale, a déjà eu de nombreux symptômes, qu’il s’agisse de la Grande guerre (les hommes à la guerre, les femmes exaspérées en Russie, causant la perte du régime tsariste russe) ou, plus récemment, de la crise de 2008.

Albert Einstein aurait dit « Insanity is doing the same thing over and over again, and expecting different results ». Cette phrase en dit long sur le concept souvent assez creux d’intelligence, notamment au plan collectif. Comment ne pas apprendre ? Comment ne pas vouloir, lorsque les casseroles en tout genre s’amassent, lorsque tout autour ça sent le roussi, reconsidérer le « monde d’après » ?

Un certain Jacques Attali refaisait récemment le pari qu’entre notre liberté et notre sécurité, nous préférerions toujours choisir la sécurité, quitte à se faire voler notre liberté. S’il dit vrai (même si ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres), alors il y a des chances qu’hélas le « monde d’après » échappe à la plupart d’entre nous. Alors seuls les plus fous, les plus libres ou les plus imaginatifs, s’extrairont, s’éloigneront une fois de plus du « monde d’après » déjà dans les cartons des élites du monde…

Laurent

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