Guerre de tranchée

Allez c’est reparti ! Comme en 40, ou plutôt ? Comme lors de chaque soulèvement, fut-il spontané ou téléguidé.
Ingérence étrangère (CIA, Mossad, FSB… services secrets chinois ? allemands ? allez savoir…) ou pas, c’est reparti pour le chaos.

Et comme d’habitude, nous voilà empêtrés dans le grand matraquage médiatique. Pire que le matraquage publicitaire : ce dernier on le repère à des kilomètres et on a appris à s’en méfier. Le matraquage médiatique est bien plus vicieux et sournois ! Au fond, patriotisme oblige, on se dit qu’on n’est pas aux États-Unis d’Amérique ni en Chine. Le contrôle social, la saturation des réseaux par des fake news… Non, non et non, pas de ça chez nous. En France, quand-même, pays des Lumières et fille de l’Eglise, nous savons nous tenir. Nous ne sommes pas, comme diraient certains médias étrangers, des « dégénérés ». La France, toujours victime d’un complexe de supériorité culturelle, institutionnelle, et même médiatique ?

Comme à chaque fois, il y aura le camp du oui, celui du non (au soulèvement populaire, fut-il à géométrie variable). Le camp de la peur. Peur de quoi ? De devoir admettre que l’on s’est trompé de diagnostic ? De bulletin de vote ? De vision du monde actuel ? Et en face, la colère, la frustration, le désespoir. La colère que l’on dit « mauvaises conseillère » mais la colère qui, lorsqu’elle devient contagieuse et collective, peut évidemment effrayer qui le gouvernement, qui l’élite intellectuelle, économique ou politique… qui souvent sont « les mêmes ». Bienvenue en France, de tradition jacobine et aux relations sociales houleuses et conflictuelles.

A côté du camp de la peur et de la colère, celui de la haine. Et puis l’indifférence. Un peu plus loin, tapis dans l’ombre, le camp de la haine, du nihilisme et du mépris. Minoritaire peut-être, mais si bien organisé ! L’opinion est donc loin d’être binaire.

Rappelons-nous les années 1787, 1788… les épisodes de la Terreur, la « reprise en main » par la bourgeoise et le retour des monarchistes. Rappelons-nous la Commune de Paris ou encore le Front populaire des années 1936. Ou encore, avec la fin des Trente glorieuses et la fatigue du Général au pouvoir suprême, Mai 1968. Tout change, rien ne change ? Rappelons-nous…

Le choc des cultures, celle du numérique et celle du bon vieux poste de radio, celle des réseaux sociaux mondialisés et de l’étrange lucarne et ses chaînes toxiques d’information en continu. Le fossé générationnel est toujours là, tel un trou béant. Qui arrivera à reconstruire la passerelle entre grands-parents, parents actifs et la jeunesse. Ah, la jeunesse, que l’on dit fainéante, irréaliste… et quoi d’autre ? Attention aux jugements qui tournent en boucle et rendent tout dialogue tout bonnement impossible. Il y a certes un 3ème âge hors-sol, mais il y a aussi des parents et des enfants (on n’oublie personne !) enfermés dans leurs certitudes, leur impression de savoir ce qu’il faut faire, en mode « y a qu’à, faut qu’on ».

Les poilus de 14-18 doivent se retourner dans leur tombe. Eux à qui on avait si bien vendu l’idée d’une revanche (après la déculottée de la guerre de 1870) face à l’Empire Teuton, notre turbulent voisin de toujours… Eux qui avaient avalé tant de couleuvres en sacrifiant leur vie ou, du moins, leur dignité.

Attention à ne pas trop s’entre-déchirer. Oublier l’union sacrée de la Nation, à l’heure où notre bientôt président évoque la paix à l’Est tout en préparent la guerre (projet paradoxal et assez peu cohérent si l’on y réfléchit un peu). Oublier l’intérêt général, l’intérêt supérieur qui transcendante les différences, les vieilles rancœurs… Le piège est grand ouvert.

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