Retour sur impôt

Bonnets-rouges

Ecotaxe à la française. Quelles leçons tirer de la dernière reculade gouvernementale sur ce qui devait être une taxe pas comme les autres, vite rejetée parce que « trop c’est trop » ?

1) Que le pouvoir des corporations, fussent-elles issues d’un ou deux départements français, est bien réel. Faut-il réinstaurer la loi Le Chapelier de 1791 interdisant ce genre de regroupement ? Un peu d’ordre parfois, ça ne fait pas de mal. Hier la ligue des éleveurs bretons -et leurs fermes concentrationnaires insuffisamment industrialisées pour concurrencer les établissements allemands – font plier la pseudo-autorité de l’Etat. Demain, à qui le tour ? Les artisans aveyronnais sont dans les starting-blocks sur la question de la TVA ?

2) Que l’individualisme français a de beaux jours devant lui et l’intérêt général de la nation semble bien mal en point. La France ne va-t-elle pas assez mal pour autant manquer de solidarité ? Le héroïque Général de Gaulle doit se retourner dans sa tombe, malgré l’optimisme d’un Alexandre Jardin.

3) Que ce retrait, contre une initiative européenne de 1993, reprise en France par le gouvernement Sarkozy avant d’être réappropriée par l’actuel gouvernement, constitue un accord perdant-perdant.
Les éleveurs bretons auront fait porter le chapeau de tous leurs malheurs à cette écotaxe, les bonnets rouges auront fait parler d’eux. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt d’un modèle agricole productiviste déclinant et verdissant le littoral chaque été. Pendant ce temps-là, point de réforme !
Les économistes reconnaissent que le marché seul ne sait pas faire face aux externalités négatives. Puisque l’autodiscipline ne fonctionne pas, ni du côté des entreprises (producteurs, transporteurs, revendeurs…) ni du côté des ménages, seules des mesures étatiques peuvent aider à faire changer les habitudes. On l’a vu depuis la mise en place du bonus-malus par exemple, malgré les imperfections d’un tel système. Mais la communication est difficile, entre d’un côté l’émetteur (le gouvernement) qui manque d’unité et de cohérence, et de l’autre le récepteur (le peuple français) qui n’est plus réceptif !

Laurent

Algues vertes

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