L’Autre Mondialisation

Connaissez-vous chalarosa fraxinea ? Vespa velutina ? Mais vous aurez sûrement croisé reynoutria japonica sur la route de vos vacances ! Sans aucun doute vous souvenez-vous de la grippe aviaire. Ou encore vous souvenez-vous d’avoir entendu parler des épidémies de la peste, du typhus, de la variole, de la syphilis, du choléra… qui auraient causé des millions de mort dans le monde.

La mondialisation, modèle économique qui a fini par généraliser la philosophie du « toujours plus » (de consommation, de production, et d’échanges internationaux) peut surprendre par ses « effets indésirables ». Un peu comme certains médicaments. En espérant que le coût de ses effets secondaires ne dépasse pas ses bénéfices ! A voir…

Nous allons une fois de plus nous éloigner un peu du portrait-robot de la mondialisation tel qu’il est établi par les médias conventionnels. L’autre mondialisation, c’est la diffusion et l’expansion d’un certain nombre de problèmes qui touchent l’homme et son environnement. Des problèmes complexe, aux solutions incertaines. Cette autre mondialisation est juste derrière, dans le sillage de la mondialisation « officielle ».

Prenons l’exemple de chalarosa fraxinea. Cette maladie du frêne, causée par un champignon mortel à 90% pour les arbres auxquels il s’attache. Cette maladie s’est mondialisée. Elle aurait démarré au Japon, puis serait miraculeusement passée par la Pologne avant d’arriver en Europe de l’Ouest. Il a été observé une bien meilleure résistance des frênes à cette maladie au Japon qu’ailleurs. Dommage pour les arbres de nos forêts, bien moins préparés à ce visiteur exotique ! Il n’existe pas vraiment de solution, seulement des mesures de confinement, des interdictions commerciales comme au Royaume-Uni. Mais quelques labos pourraient bien vouloir jouer aux apprentis-sorciers. Si le marché, et donc les hommes, sont prêts à y mettre le prix ! Comme jadis les ormes ont disparu de nos forêts, les frênes seraient à leur tour en péril. Pour le moment, la maladie progressant de quelque 150 kilomètres chaque année, les possesseurs de tronçonneuse et de chauffage au bois de France et de Navarre peuvent se frotter les mains. Mais ensuite ?

Deuxième exemple, le frelon asiatique. Comme si les apiculteurs n’avaient pas assez à tenter de « faire avec » les pesticides aux effets notoires sur le comportement et la mortalité de leurs chères butineuses. L’abeille, essentielle à la pollinisation de presque tout ce que nous mangeons, se retrouve au menu du goulu insecte. Vespa velutina aurait voyagé dans des poteries chinoises. Et bien nous y voilà : si on ne peut plus acheter de céramiques du bout du monde… nous dirons les défenseurs du commerce moderne, ou les amateurs d’exotisme !

800px-Fondatrice_de_Vespa_vélutina

Troisième exemple, la renouée du Japon. Belle plante qui a comme seul défaut son caractère très intrusif, au détriment de la flore préexistante. Le désherbage manuel de cette plante haute de trois mètres étant quasiment impossible, les vendeurs d’herbicides à base de glyphosate ont pu se frotter les mains. Cette plante malicieuse sécrète des toxines qui tendent à éliminer les plantes concurrentes. Mais il ne s’agit pas d’une oeuvre diabolique de la création. Simplement une plante exotique qui semble aimer les voyages lointains ! Et qui à l’arrivée prend ses aises, au détriment de la biodiversité à la fois végétale et, par voie de conséquence, animale.

Nous pourrions citer tant d’autres plantes, maladies ou espèces animales, comme le répertorie la base de données mondiale des espèces envahissantes. Telle l’ambroisie, bien connue à Lyon et ailleurs, et responsable d’allergies. Venue du Canada et profitant du réchauffement climatique, d’après l’INRA, pour prospérer.

Au final, et à défaut de connaissances suffisantes sur les effets à long terme de cette « autre mondialisation », nous pouvons simplement nous interroger sur ce que fait l’homme. Sur sa capacité à apprendre et à se remettre en cause. Réfléchir sérieusement à une gestion durable, même pas un développement, non, juste une gestion durable. Pour éviter que cette « autre mondialisation » ne se retourne totalement contre nous ! Comme dans l’arroseur-arrosé…

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