ONU Femmes – l’espoir de toutes les femmes dans le monde

IMG_0253Tout le monde connaît l’ONU, mais il n’est pas certain que tout le monde connaisse ONU Femmes (UN Women), fondée en 2010. C’est pourtant une avancée extraordinaire pour la prise de conscience internationale des droits des femmes en tant que droits humains.

En juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a créé ONU Femmes, l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Ce faisant, les États Membres ont pris des dispositions historiques pour accélérer les objectifs de l’Organisation liés à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

La création d’ONU Femmes s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’ONU qui vise à regrouper les ressources et les mandats pour en accentuer l’impact. Le droit des femmes

Naître femme dans la majorité des pays du monde n’est pas un gage de bonheur, ni d’épanouissement.

S’il reste à faire un certain nombre de progrès dans nos pays occidentaux, les femmes sont confrontées à la violence machiste et archaïque dans bon nombre d’Etats où leurs droits ne sont pas reconnus, au nom de traditions hors d’âge ou d’une culture qui repose sur la domination : mariages forcés, viols, prostitution, mutilations génitales, inexistence au niveau de l’état-civil, pas d’accès à l’éducation ou à la contraception, et bien sûr, la Charia qui martyrise les femmes au nom de l’interprétation erronée d’une religion, dont la part de tolérance originelle est bannie.

Partout dans le monde, on tue les femmes ou on réduit leur pouvoir pour des questions culturelles, de pouvoir ou d’argent, ou tout simplement pour assouvir des besoins sexuels, dans un manque commun d’éducation des garçons et des filles.

Un monde où l’égalité des sexes est une réalité pour chaque femme et fille. ONU Femmes

Une fois n’est pas coutume, je voulais partager avec vous l’extraordinaire expérience que j’ai eu l’occasion de vivre en tant que membre de l’ONG Regards de Femmes, à l’ONU du 4 au 7 novembre 2014. (ci-dessous intervention de Michèle Vianès à l’événement parallèle sur la prostitution – Compte-rendu de l’intervention en anglais sur le site RDF)

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A cette occasion, le Palais des Nations-Unies à Genève accueillait la réunion préparatoire Pékin+20 de la Commission Economique pour la zone  « Europe » de l’ONU (UNECE : Europe géographique, Amérique du Nord et Israël).

IMG_0155 Durant 3 jours, 350 ONG et associations ont travaillé à l’élaboration de recommandations qui ont été présentés durant les deux derniers jours de la semaine aux Etats de la zone concernée soit 56 pays. Les ONG siégeant au Conseil économique et social de l’ONU ont pu assister à la rencontre avec les Etats et également organiser des événements parallèles sur différents thèmes (Prostitution, Lobby auprès des pouvoirs publics etc….)

L’objectif était de faire progresser la plate-forme de Pékin et l’accord d’Istanbul du Conseil de l’Europe dans l’agenda Post-2015 de l’ONU.

700 femmes se sont ainsi exprimées, sur de nombreux thèmes :

  • Femmes et environnement
  • Femmes dans le pouvoir et la prise de décisions
  • Les filles
  • Femmes et économie
  • Femmes et pauvreté
  • Violences envers les femmes
  • Les droits humains des femmes
  • Education et formation des femmes
  • Mécanismes institutionnels pour l’avancement des femme
  • Femmes et santé
  • Femmes et médias
  • Femmes et conflits armés

Le sommet de Pékin en 1995 portait sur la redistribution du pouvoir, des ressources et opportunités pour les femmes et les hommes, et se posait fondamentalement contre le patriarcat et les stéréotypes qui enferment les femmes dans des comportements.

L’égalité entre les genres est indispensable pour le développement durable et la paix dans le monde. (discours d’ouverture avec les Etats)

Des progrès significatifs ont été réalisés en 20 ans concernant l’éducation des femmes, et le taux de mortalité des femmes en couches, même si on observe des disparités régionales importantes. Plus de femmes ont également accès à la contraception.

Plus largement, au-delà de tous les constats positifs, une prise de conscience est née, qui ne s’éteindra pas, il faut l’espérer, sur la prise en compte particulière des droits des femmes en tant que droits humains universels.

Mais le constat opéré par les ONG et les Etats à l’occasion de cette semaine du NGO Forum, est beaucoup plus nuancé.

Depuis 20 ans, de nouveaux phénomènes ont aggravé la situation des femmes dans le monde, que ce soit la crise économique ou les changements climatiques qui impactent davantage les plus vulnérables et les femmes sont toujours au premier rang des victimes.

La militarisation des conflits ces dernières années et la montée des extrémismes ont également touché de plein fouet les femmes des pays qui ne leur  laissent que peu de place dans la gouvernance, ou qui les maintiennent dans un état de soumission clairement établi : port du Tchadri ou de la Burqa  qui entravent les mouvements des femmes et les condamnent au statut de fantômes.

La burqa (nouvelle version), selon le spécialiste de l’Islam et politologue français Olivier Roy, est une invention récente du mouvement intégristesalafiste dans les pays du Golfe et au Pakistan2. Avec ce vêtement qui ne date que d’une vingtaine d’années, l’enfermement de la femme est plus total qu’avec un tchadri puisqu’il s’accompagne de gants pour cacher les mains et que même les pieds sont dissimulés. Dans les pays où seuls les yeux n’étaient pas cachés, obligation est faite aux femmes de porter des lunettes de soleil ou de cacher leurs yeux à l’aide d’un morceau de tissu fin permettant de voir sans être vues.

Ce voile intégral accentue ainsi violemment la tradition séculaire du purdah3. Le philosophe Abdennour Bidar juge que le port de la burqa outrepasse largement cette tradition et qu’il ne se fonde sur aucune prescription coranique, y préférant pour sa part le voile laissant à découvert le visage, voire l’absence de tout voile et l’intériorité de la pratique religieuse – Wikipédia

Le forum de l’ONU a été également l’occasion de découvrir le statut des femmes dans des pays moins médiatisés comme la Pologne, où l’Eglise enferme les femmes dans leur rôle reproducteur en prohibant moralement la contraception et en la rendant plus que difficile d’accès, ou en Ouzbékistan, où malgré les propos rassurants des représentants de ce pays, les femmes n’ont pas le droit de porter plainte ni d’entrer au tribunal. On imagine donc aisément comme leurs droits peuvent être assurés, dans un système où elles n’ont pas le statut de citoyenne à part entière.

On mesure d’ailleurs à l’écoute des 56 représentations des Etats, la force de la démocratie dans les pays qui pratiquent l’auto-critique sur le statut des femmes et la censure dans les pays non-démocratiques, qui décrivent des tableaux apaisés de la situation « où les droits des femmes sont pris en compte », sans vraiment parler des axes d’amélioration.

Au Pakistan, les femmes des ethnies pourchassées, fuient les zones de conflits armés, à pied, faute d’avoir le droit de monter à cheval comme les hommes.

Rejoindre les camps de réfugiés surpeuplés de Turquie ou de Jordanie s’avère également impossible pour les femmes sans état-civil, qui ne peuvent produire de preuve de leur identité. A ce sujet, l’urgence humanitaire dans ces deux pays, ne fait pas forcément la une des médias, mais le nombre de 3 millions de réfugiés arrivés en Turquie ces dernières années, depuis le conflit Syrien, en particulier, est le plus important depuis la seconde guerre mondiale.

Grâce à la force et à l’obstination de sa présidente, l’ONG Regards de Femmes a pu faire noter dans les recommandations des ONG l’obligation pour les Etats de la déclaration des naissances pour que toutes les filles aient accès aux programmes de développement.

En effet, chaque année, sur les 120 millions de naissances dans le monde, 60 millions ne sont pas déclarées. On estime à 210 millions dans le monde, le nombre d’enfants de moins de 5 ans non déclarés. Cette non déclaration a des causes matérielles (éloignement géographique), liées au statut marital des femmes (interdiction de déclarer les bébés hors mariage par exemple ou de le faire seule, si le père ne le souhaite pas) ou financières, dans les cas où seule la corruption peut régulariser l’état-civil. Bien souvent, les petites filles ne sont pas prioritaires, bien évidemment, pour ce qui est de la déclaration tardive de leur existence en tant que citoyenne de leur pays.

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Même en Europe, les droits des femmes ne sont pas homogènes ; la crise financière ou la persistance de stéréotypes donnent aux femmes un bien moins grand pouvoir de décision. Les tâches ménagères, à part dans les pays nordiques où la vie professionnelle s’arrête suffisamment tôt dans la journée pour impliquer les hommes et les femmes dans leur foyer, restent un frein important pour l’entrée des femmes dans la vie économique.

Le travail des femmes, même s’il est important dans certains pays comme la France (mais pas comme l’Allemagne ou d’autres pays dans lesquels il est mal vu de concilier une activité avec l’éducation des enfants), demeure moins qualitatif, en termes d’intérêt et de perspectives d’évolution, sans parler bien sûr du fossé salarial qui subsiste entre hommes et femmes.

Le forum a démontré, s’il en était besoin, l’absolue nécessité d’introduire la notion de genre dans les statistiques, pour pouvoir mesurer clairement la situation des femmes. Ainsi le taux de chômage en France, s’il s’avère globalement équivalent en % pour les deux genres, est perçu tout à fait différemment, si l’on raisonne en équivalent temps plein, auquel cas le temps partiel qui impacte lourdement les femmes, pénalise leur taux de chômage. Il est donc important de comparer ce qui est comparable et la mise en oeuvre de données strictement féminines et masculines permettrait de tordre le cou à certaines idées reçues. Oui, les femmes progressent, mais très lentement, et sans les quotas, les choses auraient pu mettre plusieurs centaines d’années pour progresser, à ce rythme. Tous les pays soulignent l’impact immédiat de la mise en oeuvre des quotas, en politique ou dans les conseils d’administration. Cependant, avant d’arriver à une égalité des droits dans la société, il faudra en passer par une réforme de société sur la durée quotidienne du travail pour faciliter pour tous l’éducation des enfants, et une plus grande transparence sur les salaires, afin de limiter les choix arbitraires en la matière.

Comme nous le disent souvent les Africaines dans les réunions internationales : « Tenez bon, progressez, nous avons besoin de vous pour nous appuyer sur un modèle qui fonctionne. Ne lâchez rien, faites attention de ne pas revenir en arrière, en particulier sur la question du foulard et autres instruments de la soumission des femmes. La Laïcité est votre liberté. Défendez-la. »

Bref, ne soyons pas indifférents mais réagissons, collectivement, à ce qui nous choque ou attire notre regard.

Les droits, devoirs et dignités doivent être les mêmes pour tous et toutes.

« Chaque droit, pour chaque femme à chaque minute ».

Christèle

Pour aller plus loin :

Le site d’ONU Femmes : http://www.unwomen.org/fr

Le brouillon des recommandations soumises aux Etats : http://beijing20.ngocsw-geneva.ch/wordpress/wp-content/uploads/2014/11/Outcome-Report-for-NGO-Forum-OutcomeRecommendations_Nov-6-2014.pdf (les Etats ont quinze jours pour amender ce texte et voter via internet)

Convention d’Istanbul : sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique

Un voile sur la République, de Michèle Vianès

un voile sur la république

 

 

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