Touche pas à mon… mode de vie !

Mode de vie

Aujourd’hui notre mode de vie, c’est du lourd ! Avec d’un côté des fondations économiques profondes, issues du XXème siècle. Et de l’autre, des fondations sociales tout aussi marquantes, le poids des habitudes et le mimétisme social qui semblent indiquer autant de freins à tout changement ! Il serait malhonnête de faire porter le chapeau à la seule sphère économique, au nom de je ne sais quelle « prédation » de l’économie… Comme le suggérait pourtant un certain Keynes, du temps des premières crises économiques modernes.

Notre société s’est construite un mode de vie « occidental ». S’appuyant sur l’individu primant sur la collectivité, sur l’image primant sur l’être. Inconsciemment, presque subliminal, ce mode de vie fait rêver les foules du monde entier. Le pouvoir des médias traditionnels ou d’Internet et ses annonceurs est énorme ! Il agit sur les cerveaux dès le plus jeune âge, et s’y l’on n’y prend garde, nous transforme en consommateurs compulsifs, irréfléchis ! La propagation du mode de vie occidental s’est diffusé à l’échelle planétaire, et tant pis pour les dernières tribus primitives (auprès desquelles on aurait tant à apprendre, si on le voulait, mais c’est une autre affaire…)

En France, après la deuxième guerre mondiale, le Plan Marshall a largement contribué à moderniser le pays. La croissance économique, notamment au cours des 30 glorieuses, fut accompagnée d’un incroyable appétit énergétique et du consumérisme à tous les étages (nourriture variée toute l’année, biens d’équipement divers et de plus en plus sophistiqués, voyages de mieux en mieux organisés et lointains). Ne pas culpabiliser le patient, qu’ils disaient. Mais il est peut être temps de se mettre en « état adulte » comme le suggère l’analyse transactionnelle.

Il n’y a pas si longtemps, courant 2013, on a un peu rêvé d’une transition énergétique. Un débat et une remise à plat. Un tri sélectif entre l’accessoire et le nécessaire, entre le superflu et le durable. Pendant ce temps les USA jubilaient (officiellement, sauf quelques mauvaises langues taxés de communistes ou pire, de terroristes) du « shale gas boom » entraînant avec eux quelques pays pressés et conquis par le bonheur de l’utopie indépendantiste. Chassez la naturel  chez le prédateur Yankee, il revient au galop.

Mais peut-on généraliser cette attitude ? Chaque pays peut-il décemment jouer « perso », nier ses voisins et ses fournisseurs historiques ? Pendant ce temps mouvementé, quelques écolos et autres bobos se remettent à consommer local et artisanal. Bien. On nous promet même pour Noël une liste de cadeaux à la fois sains et Made in France. Nouvelle utopie post-soixante-huitarde ou avant-garde révolutionnaire ?

On évoque aussi les bienfaits économiques et environnementaux du rapprochement des entreprises (fabrication et distribution) des lieux de consommation. Quand le génie humain se met en marche… Mais ne nous emballons pas trop. Dans un pays déjà pas mal déprimé par les médias et l’immobilisme politique (qui contraste d’ailleurs pas mal avec le dynamisme de la sphère économique mondialisée), ils ne sont pas nombreux ceux qui publiquement oseront dénoncer une société basée sur l’ostentation (je consomme donc je suis) et les importations en masse.

Alors peut-on transformer nos modes de vie ? La planète va exploser du fait non de la surconsommation de quelques privilégiés, mais davantage du fait des classes moyennes. Les privilégiés ne servent que de têtes d’affiche de ce grand spectacle commercial. De faire-valoir. Et globalement, quel discours tenir face aux pays émergents ou aux moins avancés ? Faites comme nous, oui, mais autrement ou pas tout à fait comme nous… Nous risquons de bafouiller. Montrons l’exemple d’abord et partageons.

A le regarder de plus près, notre confortable mode de vie a deux dimensions. D’abord le « mainstream », modèle dominant incontesté. C’est celui qui structure notre société : on s’y insère, ce n’est pas un choix ! Il faut que ça brille, du bling bling people aux magazines chics, réels ou virtuels, façon « papier glacé ». Ou alors on se trouve une grotte façon Cro Magnon (ou au mieux, une yourte). Deuxième dimension de la vie sociale, mais à la marge seulement : c’est le style de vie. Ici s’expriment des choix individuels, une place pour une certaine diversité (Amish, Hippies, Ardéchois… oups !) mais cela ne fait pas pour autant changer la structure dominante du mode de vie. Alors les aficionados du modèle dominant ont souvent tendance à dénigrer celles et ceux qui se mettent en travers de son chemin. Ils pouffent de rire face à des produits ou des façons de consommer alternatifs. La différence les effraie. La perspective de devoir modifier leurs habitudes semble inconcevable. Tels des enfants capricieux, ils se fâcheraient si on leur retirait leurs jouets préférés, sans laquelle ils se sentiraient un peu orphelins.

Laurent

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3 réflexions sur “Touche pas à mon… mode de vie !

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