Le pari du Panda

Le Panda est depuis 1961 la mascotte du WWF, le fonds mondial pour la nature. Au côté d’ONG comme le World Resources Institue ou d’Oxfam, le WWF a fait beaucoup parler de lui pour sa main tendue aux milieux économiques. Et semble s’éloigner des virulentes Greenpeace et Sea Sheperd. Ainsi, là où d’autres restent ancrées dans une lutte contre les multinationales, le sage Panda, après avoir lancé de multiples alertes durant un demi-siècle, joue la carte de la réconciliation et tend une la main ferme en direction des entreprises.

Comme l’explique Pascal Canfin, spécialiste des financements, qui est venu seconder Isabelle Autissier chez WWF France, les milieux économiques finissent par comprendre qu’il est de leur intérêt de ménager la chèvre et le chou. Invité du Grain à moudre d’été en août dernier, il souligne que rien de grand ne s’est jamais fait sous la contrainte. Et qu’en somme il est préférable d’encourager le changement que de diaboliser ce qui ne nous satisfait pas ! Soit, mais face aux géants de la mondialisation, l’inertie des multinationales ne paraît-elle pas inébranlable ? Sans parler de leur tendance à se liguer contre toute régulation, comme le prouvent les TTIP et autres CETA.

Alors pour qu’un virage stratégique se produise, vers un développement réellement durable, malgré les longues tirades sur le management participatif, une fois encore l’impulsion doit venir du sommet, entre dirigeants et actionnaires.

wwf

On admettra que le Panda, fidèle à ses valeurs, continue de dénoncer, comme le veut la tradition des grandes ONG, les mauvaises pratiques des entreprises du monde entier. Mais il sait se remettre en cause, et se faire l’allié des acteurs économiques qui s’engagent dans une transition, à l’image d’Unilever. Le géant anglo-néerlandais des produits de consommation, avec le soutien de plusieurs ONG, a oeuvré à redorer le blason de plus d’une centaine de marques qu’il exploite de par le monde. Conscient de la force de la « marque Panda », le WWF ne craint-il pas de perdre son âme ? Ce qui est sûr, c’est que l’union fait la force, à commencer par celle d’hommes et de femmes de bonne volonté, d’où qu’ils viennent. D’ailleurs, dans le sillage du Panda, d’autres ONG tentent de sauver leur peau et celle de la planète en nouant des partenariats avec le monde économique.

Laurent

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