Précocité, intelligence, dyslexie ?

C’est l’histoire d’une enseignante curieuse et dévouée, qui s’occupait d’enfants dits « précoces » (ou EIP : enfants intellectuellement précoces). Nous adorons créer des cases pour y ranger des objets, des animaux, et même des enfants ! Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle constata que tant d’enfants en centres spécialisés pouvaient être « dyslexiques ou précoces, ou précoces et dyslexiques ». Paul Rochet, psychologue et directeur de ce centre, qualifiait les élèves « d’intelligents ou plus« . Tous avaient en commun d’être exclus du système scolaire classique.

C’est l’histoire d’une enseignante qui se heurta à l’incompréhension, aux croyances et aux dogmes. Confrontée aux certitudes que non, ce n’est pas possible ! Comment peut-on confondre intelligence et dyslexie ? Ce serait comme confondre un feu vert et un feu rouge ! Pourquoi pas, pendant qu’on y est, dire que tous les « débiles » ou déficients sont des « génies » ? Alors certes, tous les enfants dyslexiques ne sont pas précoces, et vice-versa. De même que tous les enfants à haut potentiel intellectuel ne sont pas forcément autistes.

Mais qu’on se concentre un peu sur l’enfant, là où le système scolaire s’est trop longtemps focalisé sur lui-même. Un système rejetant en vrac le « monde réel », l’entreprise, le dehors. Au seul profit des sacro-saints manuels scolaires, au détriment de la diversité « intellectuelle et comportementale » de nos chers bambins ! Au lieu de les museler, il faudrait les écouter, les laisser s’exprimer de mille manières différentes.

HOMOGENEITE OU DIVERSITE

Aujourd’hui dans la remise en cause de l’éducation « classique » il y a ce b-a ba : la classe ! Une classe d’âge, avant tout. Parce qu’au-delà, rien d’uniforme hormis l’âge (à l’exception des tristes redoublants ou des joyeux sauteurs de classe). La classe n’est pas uniforme. Une multitude de situations sociales, familiales, personnelles coexistent. La violence, le chômage, la maladie, le divorce aussi. Et puis surtout l’enfant, son héritage génétique, son expérience et sa sensibilité. Une combinaison unique. Pourquoi une classe d’élèves serait-elle aussi homogène qu’un champ de blé débarrassé de toute « mauvaise herbe » ?

Depuis la révolution industrielle la société moderne a pu rêver, dans un rêve prolongé par les « merveilles » de la technologie (voir le potentiel délirant du clonage génétique), de classes entière de « gentils petits soldats » standardisés. Mais c’était bien avant que cette même société se prenne en pleine face le mur de la réalité. Mur de la honte : génocide après génocide, herbicide après herbicide, surpêche après surpêche, nous avons atteint, du moins dans notre conscience, les limites de la standardisation. Les limites de la bêtise humaine. La destruction des paysages, devenus monotones et appauvris, la perte de certaines formes de beauté parfois uniques, finissent toujours par choquer l’observateur, candide comme un enfant. Un choc qui paralyse puis qui pousse à réagir. Comme par résilience collective.

L’industrie elle-même l’a bien compris ! Question de survie, en passant de l’économie de production à l’économie de marché. Que de progrès ou de transformations ont pu être faits dans l’écoute et la reconnaissance, dans l’économie, de la « biodiversité du marché », le droit à la différence des clients. Alors comment pouvait-il en être autrement, scolairement, après avoir remonté le cours de la vie humaine ? Autant d’enfants que de personnalités, d’intelligences diverses. Howard Gardner en avait recensé sept… à laquelle manquerait peut-être une intelligence mystique ou spirituelle ?

Autant de métiers, de parcours de vie, de choix d’orientation et de réorientation au fil du temps. L’école aussi apprend et évolue. Sporadiquement au départ, ici et là, dans le primaire, le secondaire et le supérieur ! Pas le choix… toujours une question darwinienne de survie !

RICHESSE ET PROSPERITE

Une société prospère doit être à l’image d’un individu prospère. La notion de croissance est aujourd’hui trompeuse, voire dangereuse. Chris Martenson lui préfère la prospérité, plus raisonnable donc plus durable. Reconnaître la richesse qu’apporte la diversité est une question de survie. Et pour l’individu et, au global, pour la société. Le progrès et la productivité aussi ne tiennent guère la route si on ne les associe pas, si on ne les conditionne pas à la coopération, au partage et à la validation citoyenne. Pas à huis-clos, dans de rares bureaux feutrés.

Or tout cela s’apprend dès le plus jeune âge. Des crèches et des écoles maternelles mélangent des enfants d’âges différents pour développer l’entraide. Ce n’est pas un relent de collectivisme, mais une initiative simple et sensée. D’autres vont plus loin, osant réunir dans le même espace collectif des enfants handicapés et des enfants sans handicap. A quoi jouent ces établissements, si ce n’est à apprendre la tolérance, la prise en compte de l’altérité ? Non pas dans un accès d’égalitarisme, mais dans un soucis d’équité, d’ouverture, de justesse et de justice.

Reconnaître et apprendre la différence, un signe d’amour, d’intérêt pour tous. Une preuve d’intelligence, loin du jugement facile. Une marque d’estime. La fusion de la raison et de la sensibilité. Un grand message d’espoir !

Laurent

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