L’hypothèse de la Reine Rouge

Dans un épisode fameux du livre de Lewis Carroll : De l’autre côté du miroir (deuxième volet d’Alice au pays des merveilles), le personnage principal et la Reine Rouge se lancent dans une course effrénée. Alice demande alors : « Mais, Reine Rouge, c’est étrange, nous courons vite et le paysage autour de nous ne change pas ? » Et la reine répondit : « Ici il faut courir pour rester à la même place. Pour aller quelque part, il faudrait courir deux fois plus vite »

Nous courons vite et pourtant le paysage autour de nous ne change pas

Inspirée, par son titre, de ce conte, l‘hypothèse de la reine rouge (d’après Wikipedia) est une hypothèse de la biologie évolutive proposée par Leigh Van Valen, qui peut se résumer ainsi : « l’évolution permanente d’une espèce est nécessaire pour maintenir son aptitude suite aux évolutions des espèces avec lesquelles elle coévolue ». Alors l’évolution peut vite être perçue comme un phénomène absurde.

Dans le monde naturel, l’évolution est nécessaire à la survie des espèces. A contrario, un déficit d’évolution d’une espèce peut entraîner sa disparition. A la frontière entre le monde naturel et le monde des hommes, le génie humain, incarné par l’innovation, a parfois des effets délétères. Ainsi le combat médical contre les bactéries pathogènes, à grands coups d’antibiotiques, nous a projeté dans une lutte sans merci et sans répit. Mais la résistance et l’adaptation de certains microbes montre bien ses limites. Car depuis plusieurs décennies déjà cette lutte antibiotique (contre la vie, étymologiquement) fait face au mur des réalités les plus naturelles : celle des lois de l’évolution !

Au niveau militaire, la course à l’armement pousse à une surenchère technologique, un seuil de complexité qui nuit à la performance générale des armées.

En agriculture, la course à l’équipement mécanique, le recours aux intrants chimiques (pesticides, herbicides, engrais de synthèse) épuise le système naturel tout en conduisant à la résistance des êtres dits « nuisibles ». Et l’on ne se lasse de constater la stagnation des rendements.

Dans le domaine des transports, l’homme s’évertue à améliorer la technique afin de transporter toujours plus de personnes ou de marchandises, toujours plus loin, plus économiquement et si possible, plus proprement. Mais l’environnement bouge en permanence. Sitôt un axe de contournement est-il déployé qu’il en devient vite saturé. C’est l’effet rebond. Sitôt une technique réputée moins polluante est-elle mise sur le marché que l’on redécouvre des effets secondaires (benzène, particules, etc.) ou des limites (autres polluants non traités, inefficacité à froid, recyclage des batteries, etc.)

Finalement, la Reine Rouge a peut-être des leçons d’humilité à partager.

Laurent

 

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