Le gène Casanova

CENPA, HTR12, PRKBA… l’appellation des gènes, à l’image de nos numéros d’immatriculation, est très codifiée. Une appellation qui laisse assez peu de place à la poésie. Ce n’est pourtant pas le cas du « gène casanova« , qui a été découvert au sujet du pinson. Ce petit oiseau commun à l’apparence anodine disposerait, chez les femelles, d’un « gêne de l’infidélité ». En analysant l’information génétique des occupants du nid, il a été découverte que les femelles pinsons – la faute de leurs pères – seraient systématiquement éprises de liberté conjugale. Une attitude à l’opposé des colombes… qui restent fidèles à vie.

Il a été observé que chez les pinsons, Madame quitterait le nid régulièrement afin de batifoler auprès d’autres congénères mâles. Congénères… pas tout à fait ! Le but de cette tromperie ne serait autre que de pondre dans le même nid des œufs de différents profils génétiques. Une façon de se prémunir de la dégénérescence et de l’affaiblissement de l’espèce ?

C’est au petit matin que s’exprime le mieux, chez le pinson femelle, le gène casanova. Tandis que Madame Pinson s’envole du nid, Monsieur s’affaire autour du nid, comme si de rien n’était. Car il n’est pas question de le laisser sans protection parentale. Alors que Monsieur Pinson joue aux papa poules, Madame  Pinson cocufierait donc Monsieur sans de fâcheuses conséquences pour le nid ?

Il a longtemps été admis que l’infidélité chez les oiseaux pouvait accélérer la transmission de maladies, et mettre en danger la survie des oisillons. Des comportementalistes du monde animal ont observé que le partenaire trompé se montrait moins assidu vis-à-vis de sa progéniture. Mais alors, pourquoi donc Madame Pinson avait-elle développé cette attitude si légère en apparence ? Le mystère n’est pas totalement élucidé.

L’équipe de Wolfgang Forstmeier de l’Institut Max Planck a estimé que ce sont les pères des oiseaux qui auraient transmis le « gène casanova » à leur descendance féminine. Et que tant que le bilan est positif entre les gains de ces croisements génétiques et les coûts (pour la vie du nid), le processus semblerait se répéter.

Laurent

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