Logistique : la folie du dernier km

Ceci n’est pas un scoop : le dernier kilomètre, dans toute chaîne d’approvisionnement entre un fabricant et son client final (ce dernier ayant opté pour être livré à domicile) est un véritable sac de nœud. Un casse-tête à gérer, source de surcoûts logistiques. Plus on se rapproche de son destinataire final, plus le coût unitaire de transport augmente. Le dernier kilomètre pèserait 20% du coût de transport total. Un vrai défi à relever à l’heure du E-commerce et de la standardisation de la livraison rapide !

Mais qu’on se le dise, il est nettement plus rationnel, plus économique et au passage plus écologique (consommation de carburant, émissions de polluants…), de se voir livré à un point de groupage (magasin traditionnel ou, à défaut, point relai colis).

Optimiser la logistique du dernier kilomètre passe par la mutualisation des flux. Mais comment mutualiser lorsque les flux sont priés de s’accélérer, passant du 48 heures chrono au 24 heures voire moins (livraison à J+0,5) ?

Drones_logistique_dernier_kilometre

Les Échos

Les choses s’aggravent donc lorsque le client final se dit très pressé. Ou qu’il se laisse tenter par une offre de livraison express et gratuite. Amazon est l’un des premiers acteurs à imposer des conditions de livraison particulièrement alléchantes, à la fois peu coûteuses (du moins en apparence) et rapides. DPD, filiale de La Poste dans le transport rapide, expérimente la livraison hyper-rapide. Ce qui laisse encore moins de temps pour optimiser les tournées. Est-ce vraiment efficace ? Est-ce vraiment souhaitable ?

Comme les miracles n’existent pas plus chez les logisticiens qu’à Lourdes, les effets de ces nouvelles modes de consommation, dans la lignée du « tout, tout de suite« , peuvent être assez désastreuses. A Paris, d’après Acteos (solutions logicielles pour la logistique), un véhicule en circulation sur cinq livre des marchandises. Et 25% des émissions de CO2 en ville concernerait le transport de marchandises. Le dernier kilomètre restant la chasse gardée du transport routier à base de pétrole. Mais tout cela, nous ne le regardons pas dès lors que nous cliquons, machinalement, pour passer commande sur Internet !

Évidemment, dans ce milieu très concurrentiel, chacun y va de ses initiatives, des plus high tech (drones) aux plus traditionnelles (vélo, triporteur, consignes automatiques). Comme à tout problème sa solution, de nouveaux acteurs apparaissent sur le marché prometteur de la logistique urbaine « durable ». Ainsi les groupes de transport Labatut et Tendron ont lancé en 2011 Vert Chez Vous, acteur éco-responsable. Ils s’appuient sur le savoir-faire de Gilles Manuelle, qui avait lancé dix ans plus tôt La Petite Reine, spécialiste de la livraison à vélo.

Avec d’autres acteurs comme Becycle, la chasse au bruit et autres pollutions habituelles (particules fines, NOX, etc.) en milieu urbain est donc bien engagée. La concurrence entre PME et grands groupes (Fedex, UPS, etc.) crée une véritable émulation, pour le bénéfice de tous.

Laurent

 

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Une réflexion sur “Logistique : la folie du dernier km

  1. Passionnant Laurent ! J’en conclus que comme souvent nous sommes schizophrène. Dans ce cas, nous nous intéressons à l’environnement mais pratiquement nous sommes capricieux et voulons tout tout de suite, sans mesure les conséquences. Le mal de notre société ne serait-il pas l’inconséquence ?
    Alice

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