Faut-il libéraliser le tourisme ?

Le tourisme est une idée vieille comme le monde. Mais récente quant à son explosion. On ne peut douter, en effet, que nos ancêtres à l’âge de pierre s’arrêtaient quelque fois, entre deux sorties de chasse ou deux cueillettes, pour visiter des endroits attirants par leur beauté, poussés par l’envie de ne rien faire d’autre que se relaxer et contempler. Explorer, visiter, découvrir et se changer les idées, sont des besoins irrésistibles.

Mais à l’heure du tourisme de masse, low cost et globalisé, on peut se demander s’il vaut mieux libéraliser davantage le tourisme, pour le rendre plus accessible à tous ? Ou au contraire le réguler, le restreindre, pour protéger l’ensemble des sites touristiques. On pense alors à Venise et tant d’autres lieux menacés par la surfréquentation. Également au Machu Picchu et au Mont Blanc, entre autres lieux mythiques, victimes de la bêtise des hommes en masse. On pense aux dégradations plus ou moins irréversibles, et aux effets délétères pour les populations locales. On pense au kérosène, ce carburant du tourisme international, exempt des discussions climatiques et non taxé depuis 1944 !

Et puisque c’est encore de saison, on pense justement à ces saisonniers des stations de ski qui vivent – en grande partie – du tourisme, mais ne peuvent même plus vivre sur place. Ces employés des stations huppées (Courchevel, Megève, etc.) presque condamnés à dormir en contrebas, loin des cimes enneigées et de l’air frais des montagnes.

En même temps, limiter n’est pas très drôle. Protéger peut avoir un côté « bobo » et assez peu démocratique. De la protection à l’exclusion (des masses) il n’y a qu’un pas. On parle de culture des vacances et du tourisme, en écho aux semaines de congés payés qui « font partie du décor ». On a même parlé de société des loisirs, le tourisme en faisant partie intégrante… Le sujet de la régulation n’est pas très consensuel ! Not in my back yard (NIMBY)… pourvu que ça n’arrive qu’aux autres…

Dans Balade en Pays Basque, en 1843 Victor Hugo écrit ceci, au sujet de Biarritz : « Je n’ai qu’une peur, c’est qu’il ne devienne à la mode ». A l’époque, il craignait « seulement » l’arrivée de touristes venus de deux capitales : Madrid d’un côté, Paris de l’autre. « Alors ce village agreste, si rustique, si honnête encore, sera pris des mauvaises habitudes de l’argent. » Et la sélection par l’argent est une réalité dans bon nombre de sites touristiques. Mais business oblige, souvent la tentation est grande de désaisonnaliser, et au passage d’ouvrir les portes à une clientèle moins fortunée.
Machu_Picchu

Machu Picchu, au Pérou

Les agences de voyage et de nombreuses localités ont sorti l’arme fatale : le tourisme responsable. A l’instar de ces villages classés, dans la mouvance du local, du bio et du « durable ». A l’instar de ces îles brésiliennes où la crème solaire doit avoir un faible impact sur l’environnement marin, etc. Mais en même temps, dans un monde qui veut tout et son contraire, il ne fait pas bon regarder ce qui se passe dans l’arrière-cour des restaurants à la mode et remplis de touristes ! Et puis il reste, statistiquement, une petit épine dans le pied de l’industrie touristique : jusqu’à 80% dépenses des touristes du Nord reviennent au Nord. La question des inégalités revient donc au cœur du sujet.
Laurent

 

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