Pourquoi les Russes sont-ils (si) méchants ?

Dans le roman d’espionnage Alex Rider, le héros d’Anthony Horowitz est confronté au terrible général Sarov, sur une île au large du Cuba, territoire pro-Russe par excellence. Du côté de James Bond, l’agent 007 est régulièrement confronté à une foultitude de méchants espions russes. La Russie, et l’Est, dans son ensemble, représentent l’axe du Mal. Quand bien même le beau James croiserait le regard envoûtant d’une jolie Russe, cela se termine toujours mal. On se méfie des Russes, symbolisant la ruse, la manipulation, le côté obscur de la force…

Si tout cela n’était qu’un phénomène limité à la fiction… Que nenni ! Les faits divers regorgent d’empoisonnements et autres accidents douteux visant tel ou tel dissident de l’ex-URSS, qui avait momentanément trouvé refuge à Londres ou ailleurs. Ainsi l’Occident serait un refuge, celui du Bien contre le Mal. L’Occident qui se rêverait d’être le dépositaire de la démocratie. Alors certes, du tsarisme au communisme et jusqu’au poutinisme, la Russie n’est pas à l’abri de tout soupçon. Autrement dit, il n’y a pas de fumée sans feu. Le dossier est lourdement chargé de pièces à conviction. Cela dit, qu’est-ce qui justifie un tel acharnement contre la Russie ?

Si l’on demande aux Russes eux-mêmes, peut-être nous diront-ils que c’est parce que nous n’avons toujours pas digéré la fin de la Guerre froide ? Comme si, au fond, un demi-siècle de propagande, depuis le plan Marshall, nous avait ôté tout esprit critique ! A moins de chercher du côté de l’industrie du divertissement ? Hollywood, cette artillerie lourde de la culture yankee, a besoin en permanence de se nourrir de nos peurs, sur fond de tensions géopolitiques. Comme si la Russie était le précieux allié du cinéma fantastique et des superproductions à sensations fortes. Car plus on surfe sur la vague du sensationnel, plus la caricature du Bien et du Mal sont nécessaires. Tandis que plus on va recherche la réflexion ou la raison, moins au contraire on cherchera les postures extrêmes, les situations conflictuelles. Plus ou ira vers la raison, plus la nuance sera de rigueur !

ivandrago

Mais n’en demandons pas autant aux producteurs de Rocky, opposé au boxeur russe Ivan Drago, d’une froideur épouvantable, que Russia Today compare à un robot. Au fond, la Russie nous sert de punching-ball, d’exutoire, de bouc-émissaire. L’image de la Russie en Occident est tellement mauvaise que la nuance est presque inadmissible. Remettre en question la réalité russe est vite perçu comme un crime de haute trahison. Tout cela est évidemment ridicule et éminemment contre-productif. Car nous avons besoin de la Russie autant qu’elle a besoin de nous. Mais cela, peut-être que notre partenaire américain ne veut pas l’entendre. Et les autorités russes, de leur côté, de nous faire payer le prix de notre traitrise, en divisant l’Union européenne, en mode action-réaction. Et ce n’est pas que du cinéma !

Laurent

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