Dehors, Nicolas !

Il était temps ! Le 28 août dernier, Monsieur le Ministre d’État, Ministre de la transition écologique et solidaire a fini par quitter ses fonctions. Il faut dire qu’il aura perdu la plupart des grands arbitrages, que ce soit sur la cause animale, sur les pesticides ou encore sur l’énergie.

Réaction officielle de l’Élysée : « Nicolas Hulot peut être fier de son bilan. En quatorze mois, le bilan de ce gouvernement en matière d’environnement est le meilleur depuis de nombreuses années ». La langue de bois en mode autosatisfaction est parfois risible.

Pourtant, la démission du Ministre nous rappelle combien la situation de ce genre de poste est – paradoxalement – précaire ! En effet, il n’existe pas de ministère qui ne connaisse un turn-over aussi élevé. Ironie de l’histoire, alors que les dossiers liés à l’écologie sont par nature ceux du long terme – à l’instar des grands choix de société relatifs à l’énergie, à l’alimentation, à la santé humaine et animale, etc. – les ministres de l’écologie (ou de l’environnement ou du développement durable) sont jetables et non durables. Dans le cas du petit Nicolas, nul doute en revanche qu’il soit… recyclable !

Transition écologique et solidaire ?

Où en est-on de la transition écologique, lorsque systématiquement la plupart des orientations sont conservatrices, volontairement passives en matière de changement ? Lorsque les tentatives de réformes sont tuées dans l’œuf, au sein même du ministère ? Faut-il rappeler combien chaque ministère est verrouillé par les hauts fonctionnaires issus des grands corps d’état ? Faut-il aussi rappeler le fossé qu’il existe entre les déclarations d’une part et les actions, d’autre part ? Rien de très nouveau dans un gouvernement qui, pourtant, a voulu incarner le renouveau

Hulot

La feuille de route présidentielle, elle-même, n’a probablement pas été définie par le président de la République lui-même. Le sommet de l’état se doit de respecter les grandes lignes de ses sponsors et de ses principaux soutiens (dont le lobby des chasseurs, très influent comme peut l’être aussi celui du nucléaire…)

Quant à un autre Nicolas, Sarkozy en l’occurrence, ses réactions se passent de commentaires. Jugez plutôt : « Qu’il y ait Monsieur Hulot ou pas, la question de l’immigration est centrale. Qu’il y ait Monsieur Hulot ou pas, la question du montant des impôts qu’on paie est centrale. La question « Est-ce que les Anglais sont des Européens ou pas », c’est central », a déclaré sur France Culture l’ancien dirigeant du parti Les Républicains.

« C’est son choix. Pour moi quand je parle de la crise qu’on a connue et qui peut revenir, c’est tellement plus important. Quand on parle de l’immigration, c’est tellement plus important », a ajouté l’ancien chef de l’État (2007-2012), qui s’exprimait sur la crise financière de 2008.

Ce « tellement plus important » renvoie aussi au coup de gueule de l’ex-président, lorsqu’au salon de l’Agriculture ce dernier déclara : « l’environnement, ça commence à bien faire ! »

Laurent

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