Faut-il davantage monétiser l’auto ?

Cela fait quelques temps que l’univers du numérique est venu percuter, de plein fouet, l’univers traditionnel de l’automobile. Certains parlent d’attaque du numérique sur l’automobile. Mais les TIC constituent, probablement, autant une opportunité qu’une menace pour ce grand « paquebot » qu’est le secteur automobile. A l’occasion des grands shows mondiaux, les constructeurs se sont « lâchés » autour de prototypes plus ou moins réalistes, truffés d’électronique aux promesses futuristes : voiture autonome, voiture électrique, salon ou bureau roulant, voiture volante, etc.

Mais l’une des toutes premières rencontres du 3ème type, entre l’automobile et l’informatique (et le numérique) ne fut pas très glorieuse, du moins du côté des consommateurs ! Il s’agit des fameux radars automatiques, une prouesse technologique disruptive à souhaits. Un énorme poil à gratter qui continue d’avoir mauvaise presse. Pourquoi ? Parce qu’elle constitue avant tout, au nom de la sécurité routière, une entrave à la liberté des automobilistes. Un rappel à l’ordre automatisé.

Radar

Et pourtant, parallèlement au déploiement de ces antipathiques caméras au flash intempestif, nouvelle cash machine de l’État, le numérique est entré dans nos habitacles. D’abord raillé, le navigateur basé sur le GPS a facilité la vie de millions de conducteurs, au travail comme en vacances. Mais aujourd’hui, au vu des externalités négatives, coûts et nuisances véhiculées par la sacro-sainte voiture, c’est à un autre jeu que se préparent équipementiers, constructeurs et pouvoirs publics.

Alors que l’on reparle de péages urbains, laissés à l’initiative des métropoles comme Paris, Lyon et Marseille, la technologie pourrait permettre de « rationaliser » l’utilisation de la voiture en territoire urbain. En détectant le nombre de passagers, il serait possible d’inciter à l’autopartage et/ou faire payer davantage l’accès au centre-ville pour les automobilistes circulant seuls.

Congestion

Il est évident qu’un tel projet suscite et suscitera longtemps encore des réticences, des levées de boucliers notamment chez les collectifs d’automobilistes qui disent « ne pas avoir d’autre choix » et préfèrent jouer la montre. Réflexe corporatiste qui délaisse la question du temps perdu au quotidien dans les bouchons (saturation et donc inefficacité chronique de l’automobile en milieu urbain et périurbain). Réflexe assez égocentré, insensible au coût sanitaire et environnemental de l’hyper-consommation automobile.

Néanmoins faut-il laisser une technologie toujours plus invasive conquérir l’univers automobile ? Monétiser davantage l’usage de la voiture ? Avec la perspective finale de l‘éviction totale, la mise au rebut du conducteur en chair et en os ! Ou faut-il davantage miser sur des solutions alternatives, laissant la voiture lentement décroître ou tranquillement restée au garage ? Et aller vers une permaculture de la mobilité ?

Poser la question des péages « intelligents » revient à reposer la question des limites. Car l’automobile s’est développée, historiquement, avec la promesse de la liberté, que reprennent en cœur les publicités des constructeurs. Dans ces publicités, il est toujours surprenant de voir la voiture toujours seule, sur les routes des villes ou des campagnes – des voies toujours vides, où la voiture fait table rase de la réalité.

Laurent

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