Mnuchin, le « destructeur » de Washington

L’un des faits marquants du mandat Trump repose sur sa gestion des ressources humaines, en mode « You are fired », à l’instar de l’émission de téléréalité jadis animée par l’actuel locataire de la Maison Blanche. Non content d’avoir licencié le chef du FBI et nommé un climato-sceptique à la tête de l’EPA (l’équivalent de notre ministère de l’écologie), c’est la personne du nouveau directeur du Trésor, Steve Mnuchin, qui soulève la polémique. Un ancien Democrat recyclé en Republican, au poste clé de l’économie américaine. Mais le problème est ailleurs !

Mnuchin est un ancien « Goldman boy », comme le patron de la BCE Mario Draghi, l’ex président de la Commission européenne José Manuel Barroso ou encore de Mario Monti. Steve est lui aussi un homme de réseaux et d’expérience, soit. A l’image de ces politiciens apprentis-pantoufleurs, Mnuchin est inconnu du grand public. Inconnu, cependant, il l’est moins des fonds d’investissements. Ses opposants du camp démocrate lui reprochent des activités off shore en contradiction avec l’intérêt des États-Unis (manque à gagner fiscal).

Après être passé par Wall Street, après avoir côtoyé le milliardaire George Soros et avoir financé Hollywood, le voilà donc aux portes de la Maison Blanche. Difficile d’être plus au cœur du pouvoir fédéral U.S. Faut-il s’étonner de cette nomination ? Très peu si l’on fait la part des choses entre le positionnement populiste de Trump, en mode protecteur des faibles, et la réalité de l’orientation réelle de l’ex-promoteur immobilier – dans la continuité néo-libérale.

Le traitement de choc dirigé par ce transfuge de Goldman Sachs peut se résumer ainsi : des baisses d’impôts inversement proportionnelles aux revenus des assujettis (à rapprocher des pratiques récentes de Bercy…) et un gros coup de pouce en faveur des entreprises, dans un élan de reconquête de l’attractivité américaine (dumping fiscal à l’attention des nantis). Politics as usual, en somme !

D’après son éternel rival Bernie Sanders (qualifié de « socialiste » en Amérique, à traduire par « communiste ») la rhétorique de campagne de D.T. aura été parfaite. Parfaitement hypocrite aussi, au vu des décisions visant à déréguler davantage Wall Street. D’après Sanders, jamais une équipe gouvernementale n’a autant été constituée par des milliardaires. Quant on sait combien l’économie financière est déconnectée de l’économie réelle (comme la crise de 2008 l’a violemment rappelé au monde entier), personne ne devrait être étonnée par ce décalage entre les propos séduisants et la réalité des mesures appliquées à la tête de l’État fédéral.

Laurent

 

 

 

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