L’art d’être français… what else?

Nous devons réapprendre « l’art d’être français… » Notre cher président, Emmanuel Macron, après sa douche froide hivernale, cherche de nouveau, en ce milieu de printemps, à séduire par le verbe. Son lyrisme est certes flatteur, mais il sonne assez creux lorsqu’on est « en responsabilité »… Du concret, s’il vous plaît, pestent les français.

« Vous ne m’aidez pas… » aurait-il dit devant un parterre de journalistes. Cette remarque, on peut sincèrement se demander qui l’a écrite ? Emmanuel a-t-il improvisé ? Est-ce un cri du cœur d’un président si mal-aimé par la base, le peuple ? En démocratie, s’attendre à ce que les médias soient de notre côté, quand on est président de la République, n’est-ce pas un peu surprenant ?

Qu’un roi de France reproche à ses messagers et autres grands communiquants de ne pas l’aider, ou de se mettre en travers de son chemin, cela pouvait, à l’époque, se comprendre. Qu’un président de la Vème république s’offusque de l’attitude des contre-pouvoirs, cela peut laisser dubitatif sur les relations entre le pouvoir central et les médias.

Emmanuel M. déclare avoir découvert l’épaisseur des vies des français. Certes, l’épisode des Gilets jaunes lui aura lancé en pleine figure l’existence d’un peuple rebelle et revêche. Il aura tout à coup senti que, loin de l’entre-soi des élites politiques, économiques et médiatiques, se cachait une autre réalité. Mais n’est-ce pas un préalable, d’ordinaire, pour quiconque souhaite gouverner un pays dans son ensemble, que d’avoir un minimum de « culture populaire » ? A croire certains, Monsieur Macron serait dénué de toute expérience pratique de la chose populaire. S’il brille par son pouvoir de séduction, son empathie serait proche de zéro. D’où parfois cette impression qu’il ne regarde personne…

Bien qu’il nous propose de redécouvrir l’art d’être français, nous risquons hélas de ne retenir principalement que cet art d’enfiler des perles, propre aux énarques. Mais puisqu’on nous promet la suppression de l’ENA… alors nous voilà presque rassurés ! Comme aurait dit son prédécesseur : le changement, c’est maintenant…

Le grand défi pour le pouvoir central, c’est d’accepter la remise en cause. D’accepter de partager le pouvoir avec le terrain, les villes et villages, les régions. Car la France est de nouveau atteinte d’une fièvre centralisatrice, une pathologie sclérosante. Le déséquilibre entre pouvoir exécutif et législatif est flagrant, ce qui aveugle tant Matignon que l’Élysée.

Personne, durant les mouvements massifs de révoltes de ces derniers mois, ne s’est vraiment donné la peine d’aller à la rencontre des squatteurs de ronds-points. Pendant des semaines longues comme une déclaration de revenus, la seule réponse de l’exécutif a consisté à recevoir de soi-disant « représentants », un peu comme un directeur d’école qui ferait venir dans son bureau des délégués fraîchement désignés. Quel amateurisme, de tous côtés !

Mais n’oublions pas, en mode action-réaction, le Grand Débat national. C’est évidemment sur la durée que l’on pourra juger de l’utilité ou non d’un tel dispositif. Dans un pays si peu coutumier du fait, un petit détour par le Confédération helvétique serait de bon ton. Car on le sait, Emmanuel Macron, contrairement à ses homologues de Berne, a peur de la démocratie directe. Alors, lui faut-il lâcher prise et faire confiance au RIC (référendum d’initiative citoyenne) ? Et bien distinguer le RIC du plébiscite…

L’histoire du référendum de 1968 ou, plus récemment, celui de 2005 sur l’Europe ne font certes pas la fierté de nos dirigeants. Mais il n’est pas trop tard pour remettre à plat le fonctionnement de notre si beau pays. Et, qui sait, cela le rendra peut-être plus beau encore, tant aux yeux de nos concitoyens qu’aux du reste du monde, que la France intrigue tant !

Laurent

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