#Jesuislà, lost in Korea?

Alain Chabat, dans #Jesuislà, le nouveau film d’Eric Lartigau, plaque tout pour la Corée du Sud, en quête d’un amour. Une sorte de Lost in Translation au Pays du matin calme. Le thème du fantasme de l’Orient, qui vu de l’Occident demeure un vrai mystère, est revisité en mode virtuel. Au vertige des rencontres virtuelles, la réalisateur ajoute les difficultés liées à la distance culturelle, ici entre l’Europe et l’Asie.

C’est qu’un monde sépare au propre et au figuré, Stéphane Lucas (Alain Chabat), restaurateur « qui a tout pour lui » et vit dans le Pays basque, de Soo, rencontrée sur Instagram. Le film interroge sur l’être et l’avoir, et ce voyage en extrême Orient représente, on s’en serait douté, une forme d’introspection et de quête de sens pour ce français qui largue les amarres.

Où commence le charme, l’opération séduction à la mode coréenne, et où démarre la franche désillusion ? La naïveté et le besoin de mettre du piment dans sa vie laissent la place à une simple errance au bout du monde, loin de tout repère. Dans la vraie vie, hors de ce film, une source d’inspiration pour Eric Lartigau : chaque mois plusieurs européens seraient retrouvés errant dans les rues de Séoul ou d’autres villes sud-coréennes. Mais dénombrer un tel phénomène demeure bien hasardeux.

Dans #Jesuislà, Alain Chabat reste étonnamment zen face à tout ce qu’il traverse. Un légèreté qui s’accomode bien des artifices et des faux semblants des relations online. Sa naïveté pour cette romance, ce flash éblouissant, est renforcé par la différence d’âge avec Soo. Le fossé générationnel s’ajoute au fossé interculturel ! Car au-delà de sa maîtrise de la langue française, Soo a une longueur d’avance sur les réseaux sociaux, là où Stéphane ne maîtrise pas les codes et prend tout pour « argent comptant ».

#Jesuislà remet donc le couvert du grand paradoxe de la popularité sur Internet, des likes, qui se marie si bien avec la solitude voire l’oubli dans la « vraie vie » ! On y retrouve d’ailleurs Blanche Gardin, récemment à l’affiche de Selfie, dans la même veine mais en plus trash

Laurent

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