Doit-on supporter l’insupportable ?

Alors que nous avons tous l’impression d’être bloqués au beau milieu d’une galère sociale, sanitaire et politique inédite, nous sommes un peu comme des spectateurs impatients d’un match de foot, à l’approche de la mi-temps. Le match a commencé il y a une grosse demi-heure. Nous sommes dans la première période et ce match est tellement ennuyeux que vous voudrions croire que nous entrons à la fin de la deuxième période. Prêts à quitter le stade, enfin, ou notre canapé. Li-bé-rés ! Délivrés de l’ennui et de la déception. Dans un monde accéléré où le temps serait de l’argent, et le temps perdu une perte insupportable, le confinement a un air vraiment atroce. Insupportable !

On oublierait presque, presque oui, les morts, la souffrance réelle, l’angoisse collective. Tant qu’on tient le choc physiquement, un simple regard dehors nous donne l’impression d’être des prisonniers stagiaires. Ce long confinement, cette privation de notre connexion habituelle avec l’extérieur et ce manque affreux du lien avec la nature, devient à la longue usant et nous dénature. Supporter l’insupportable, c’est un peu l’enjeu de la résilience. Une nouvelle résilience voulue par tous ceux et toutes celles qui avaient, bien avant la pandémie, compris combien notre monde « marchait sur la tête ».

Apprendre à évoluer, à changer de mode de vie, à modifier notre vision du travail et celle de notre propre famille ou de nos amis. On ne nait pas résilient, on le devient. Mais l’apprentissage sera long. Le technologie (télécoms, médicaments, etc.) ne pourra pas grand chose pour nous. Nous serons donc seuls face à nous mêmes, comme Adam et Eve.

Au mieux, le changement est déjà en cours. Mais que de sacrifices en perspective ! Bad trip collectif. Plus le temps passe, moins il y a de certitude qu’après cette pandémie il y ait un « retour à la normale » ! Il y a eu un avant et un après Tchernobyl ou Fukushima, un avant et un après crise de 2008. Alors, que cela nous plaise ou non, il y aura bien un après Coronavirus. Drôle d’ambiance de « fin de partie », voire de fin de règne…

Car le Coronavirus touche et touchera encore des centaines de milliers d’individus, donc forcément, par effet réseau, des amis d’amis de nos amis, voire des proches, cette fois pour de bon ! Nous sommes cernés… Cette mesure préventive qu’est le confinement nous aura touché dans nos cœurs, au plan affectif, émotionnel, et dans nos esprits, dans notre sphère rationnelle. Inutile d’essayer de l’effacer de nos disques durs. Ce serait contre-productif !

Cette pandémie touche d’abord ceux qui sont les plus faibles, les plus âgés, les plus vulnérables et seuls. Symboliquement il nous rappelle que, malgré les progrès de la science et les promesses de la technologie, nous restons de simples mortels.

Des milliards d’individus confinés, reliés dans l’adversité. La pandémie redonne de l’élan à une forme d’empathie mondiale, car nous restons des animaux sociaux, malgré la distanciation sociale !

Laurent

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