L’homme n’est pas un prédateur

Ou pas celui que l’on croit. Si au départ, notre bipède évolué a eu un grand appétit d’apprendre, de comprendre et de faire, ce qui en soi n’a rien de dommageable, l’homme n’est plus vraiment le prédateur outillé qu’on imagine triompher de la faune sauvage environnante, des ours aux mammouths, des loups (exterminés ou domestiqués en chiens) aux lions et autres félins. Cela fait longtemps que l’homme a pris de court la nature environnante. Comme si l’adversaire, cette ignoble nature, l’avait laissé gagner le match en déclarant forfait…

L’homme, non, n’est plus un prédateur. L’homme est devenu un agitateur de l’équilibre du monde. Un déséquilibré aux pulsions morbides. L’infiniment petit, comme les virus et autres bactéries, sont un défi à son génie et son goût immodéré du contrôle. Et plus l’homme dépasse son statut de prédateur, pour atteindre celui de destructeur, plus il insiste, lourdement, à s’aventurer sur des terrains dangereux, en mode apprenti-sorcier. Ce fut le cas avec l’incroyable aventure de l’énergie nucléaire, en à peine un siècle.
Une lutte avec un infiniment petit au potentiel pharaonique, jusqu’à Hiroshima, Tchernobyl et Fukushima !

Ce fut le cas avec la chimie des pesticides aux engrais surpuissants, sans oublier les plastiques… le tout finissant au tout à l’égout, à la rivière et jusqu’à la mer. L’homme qui bétonne ne fait guère mieux, parce qu’il faut aller vite, que la rentabilité est notre planche de survie.

L’homme constructeur, l’homme destructeur. Cherchez l’erreur ! L’homme tunnelier : lorsque ça ne passe plus en surface, il reste heureusement le sous-sol. Il creuse et creuse encore, comme un enfant à la plage avec son seau et sa pelle qui creuse le sable.

Et à force de creuser et de creuser encore, l’homme développe une vision tunnel. Sur son smartphone ou son ordi, ou derrière son écran de télévision pour les plus âgés, il se greffe une paire d’œillères. Il devient indifférent à ce qui se passe réellement, autour de lui, dans sa vie. Et plus il y a urgence, état d’urgence, moins il réfléchit. Et plus il gobe l’info. Jouer l’urgence, voilà bien une vieille manière d’obtenir un consentement pour à peu près tout ce qui, avant, n’aurait pu être accepté. Mais passons !

L’homme est-il un loup pour l’homme ? Peut-être bien, mais un loup solitaire. Derrière son compte Insta ou LinkedIn, il est bien seul, l’homme d’aujourd’hui. Il préfère le monologue primitif au dialogue élaboré.

Laurent

Une réflexion sur “L’homme n’est pas un prédateur

  1. Que c’est bien dit tout cela Laurent …. toujours plaisir à découvrir votre plume et votre style qui posent bien souvent les bonnes questions …. merci pour nous inciter à réfléchir ……….

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