Alternative cinéma

J’étais il y a un mois à l’affût. Oh pas aussi sérieusement que Messieurs Tesson et Munier, mais j’ai plongé. A deux reprises, j’ai plongé. La Panthère des neiges au cinéma. Histoire d’oublier les affres d’une société minée par la peur, la division, la perte sensorielle. Laquelle ? La mienne et celle des autres, des sens et du sens. Dans l’obscurité d’une vraie salle de cinéma, une double plongée, à deux semaines d’écart, dans un univers si vide et si plein.

Le Tibet, ses plateaux immenses et ses montagnes à l’infini. Le vide au plan matériel, le plein au plan spirituel. Le voyage en accéléré quand même, mais la pause qui fait du bien dans un monde de brutes. D’où une salvatrice rechute, une séance de rattrapage comme si j’avais eu peur d’en oublier trop vite l’essence ! Comme s’il fallait davantage partager, faire savoir, faire ressentir, faire écouter la poésie des images de Munier et des mots de Tesson…

Dans un mouvement contraire et contrariant, la bascule s’est opérée sur Netflix. Moins glamour qu’une vraie salle de cinéma, mais une intrigue efficace et les démêlés d’un certain Freud. Après la violence animale et minérale, atténuées par la beauté du vivant et la grandeur des paysages, je plongeais dans les affres de l’esprit, les tourments de l’âme des patients et de ceux qui veulent comprendre et veulent aider.

A la fin du dernier épisode, cette libre interprétation de la vie de Sigmund Freud voit ce dernier projeté au sommet de l’Empire austro-hongrois. Et voilà la censure implacable venue directement du monarque François-Joseph. Le vieux monarque opposé au jeune savant un peu fou, l’oblige de brûler l’ébauche de son livre. Et une question : le pouvoir en place a-t-il sanctionné Freud pour mieux protéger ses privilèges et pour que rien ne change ? Ou au contraire, dans un acte désintéressé, pour préserver l’intérêt général contre des dérives futures, dans un accès de clairvoyance ?

Martha Bernays, la femme de Freud, est la tante d’Edward, le pionnier des « relations publiques ». Edward Bernays est l’un des précurseurs de la propagande moderne utilisée en politique ou dans l’univers industriel. Et ce bien avant l’usage et le développement du marketing, dont un des postulats est que les représentations collectives sont plus importantes que la réalité elle-même. Bienvenue dans un monde de fous, de mensonges rendus possibles par une sorte d’hypnose collective ? Si les symptômes persistent, retournez donc dans une salle obscure, sur les traces de la panthère ou de tout autre animal sauvage…

Laurent

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