Vive la dépendance !

Nous valorisons l’indépendance et l’autonomie individuelle. Grandir et atteindre la maturité à l’âge adulte ce serait comme devenir ce fruit mûr qui peut avoir son existence propre. Un joli fruit tout nouveau, tout beau. On visualise assez bien ce fruit prêt à tomber de l’arbre en vue d’une autre vie, d’un autre arbre. Atteindre l’autonomie c’est fixer ses propres règles, ne plus attendre ou dépendre des autres. Bel héritage de la pensée des Lumières et d’une liberté individuelle grandissante.

Aujourd’hui, dans notre société vieillissante et au lourd endettement, la dépendance des anciens est présentée comme un problème. Et les EHPAD, business juteux, ont été perçues comme des solutions pour que les générations suivantes n’aient plus qu’à rester « focus » sur leur travail et leur vie privée. Dans le même temps, il suffisait de payer et de rendre une petite visite, de temps en temps…

Et si on regardait les choses autrement ? Et si la dépendance était une force ? Dépendre des autres comme une plante ou un animal, dans la nature, dépend de son écosystème pour vivre, se développer, et vieillir. Du sol, de l’eau, du soleil et des autres espèces vivantes qui l’entourent. Chez les humains comme chez d’autres mammifères, la théorie de l’attachement, qui souligne la dépendance des jeunes vis-à-vis de leurs parents, montre combien les liens sont importants, et le soin, la présence et l’attention de l’autre, finalement comptent plus que la seule nourriture !

Mais que de vents favorables à l’indépendance individuelle. Et collective aussi, comme en témoignent les mouvements anti ou altermondialistes. Une volonté de repli sur soi, de ne plus dépendre du reste du monde. On n’oubliera pas de sitôt notre dépendance occidentale vis-à-vis de l’usine du monde chinoise (pénurie de masque et de tant d’autres choses dont nous avons volontairement délocalisé la fabrication). Et l’on n’oubliera pas non plus ce sentiment de perte de contrôle et d’effroi face à notre dépendance énergétique. La dépendance est une forme de vulnérabilité.

Seulement, loin des idéaux ultralibéraux déshumanisés, si l’on revient un peu sur terre, on peut très bien reconnaître et admettre à la fois notre dépendance terrestre face au grand tout universel. On peut très bien se rappeler ce qui nous lie aux autres à travers le monde, les continents et les différentes cultures. Et dans la pratique, chercher à recréer un lien local, une dépendance à l’échelle d’un village ou d’un quartier. Cette dépendance, on préférera plutôt la nommer entraide ou fraternité ou association locale. Qu’importe, pourvu qu’on se souvienne un peu que l’on est tous dans le même bateau, histoire de dégonfler un peu nos égos !

Laurent

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