L’hôpital n’a pas que des maux, il a aussi un avenir

SPITAL GEBAEUDE EINGANG KANTON WALLIS SIDERS LEUK SIDERS-LEUK« On ne voit plus l’âme des gens. » Parole d’une aide-soignante à l’Hôpital Femmes Mères Enfants de la région lyonnaise.

Elle a raison. Depuis 10 ans, le sous-effectif récurrent et l’augmentation du stress des patients n’ont fait qu’aggraver la situation.

Sur le plan administratif, le cost-killing mais également les 35 heures ont rendu malade l’hôpital public. A force de tirer sur les effectifs et les moyens, et de laisser la médecine générale déserter les campagnes, l’hôpital est devenu le refuge de toutes les misères du corps, comme de l’esprit. Le numérus clausus, baissé dans les années 70 pour faire « baisser l’offre de soins et donc la demande » (espoir déçu comme chacun le sait) a tellement diminué le nombre de généralistes qu’ils sont devenus incapables de faire face à la demande croissante. Quel médecin de famille se déplace encore à la maison comme dans notre enfance ?

Devant cet afflux massif, la grogne des urgentistes et des soignants en général, enfle et fait la une des actualités, mais rien de concret ne semble sortir des négociations multiples entre les acteurs du secteur.

Florilèges :

Un étudiant de médecine en 4ème année s’étonne que la première information qu’on lui donne en arrivant aux urgences est le numéro de téléphone de la sécurité…

Un médecin anesthéstiste parlemente avec un brancardier, qui est en fait un prestataire externe. Le système informatique n’a pas délivré le bon magique de brancardage… Dans un hôpital aux équipes désormais joyeusement en patchwork, où les intérimaires, les prestataires et les soignants embauchés tâchent désespérément de trouver une coordination, notre médecin anesthésiste finit par brancarder lui-même son patient. Le brancardier avait fini sa journée…

Au-delà des exemples plus que nombreux, témoignant du malaise de l’hôpital, il est peut-être temps de se pencher sur la mue nécessaire des établissements de soins.

Un petit tour sur le dernier numéro de La pause des hospitaliers montre que certaines expérimentations sont en cours et tout à fait intéressantes.

http://www.macsf.fr/nous-connaitre/actualite-institutionnelle-publications/publications-du-groupe.html (Télécharger le numéro de novembre 2013

N’est-il pas temps d’inventer de nouveaux métiers pour prendre en charge cet afflux de patients, cette augmentation des exigences et d’accueil du patient ?

Et si au lieu de baisser les effectifs, on investissait dans la qualité et surtout dans les rapports humains ?

Ainsi est né par exemple le Gestionnaire des flux patients, chargé « de faire en sorte que les patients pris en charge aux urgences arrivent ensuite rapidement dans l’unité de soins dont ils relèvent. Avec deux objectifs : désengorger le service des urgences et fluidifier les parcours de santé avant et après l’hospitalisation. »

Egalement, l’infirmière de pratique avancée qui reçoit les patients atteints d’un cancer, avant la consultation du médecin. Cela lui permet de préparer l’entretien, de ne rien oublier et de permettre à l’oncologue d’avoir tous les renseignements utiles.

Le métier d’Actiphysicien est aussi peu connu en France. Venu du Canada, il consiste à prendre en charge les personnes âgées dans le cadre des soins ou services de réadaptatation et à leur proposer des programmes d’activité physique adaptés.

Et si on investissait tout simplement dans la Recherche et Développement, à l’hôpital ?

Pour l’aider à s’adapter à notre nouvelle réalité et à celle de demain.

Pour ne plus attendre que le système craque, mais le faire évoluer avec la société…

Christèle

Pour aller plus loin :

http://www.amazon.fr/Le-malaise-soignants-pression-lh%C3%B4pital/dp/2747556204

http://patrickpelloux.fr/

 

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5 réflexions sur “L’hôpital n’a pas que des maux, il a aussi un avenir

  1. Pingback: Vaccins : rente économique, mirage ou salut ? | light up my mind

  2. Se pose l’éternel problème du financement ,devra t’on lever de nouveaux impots ,peu probable que ce soit possible ?Faire des économies ,mais ou ,et qui devra faire le sacrifice d’avantages « acquis »?

  3. Il s’avère que la sous-traitance à l’extrême n’est pas une économie. Responsabiliser de nouveau les acteurs, créer des maisons médicales dans les « déserts » et développer la médecine de proximité pour éviter l’embolisation des urgences.
    Créer des parcours patients bien identifiés. Tout ne coûte pas forcément cher, il y a aussi des logiques de bon sens à retrouver.

    • pour ce qui est de la sous-traitance à l’extreme ,je suis tout à fait d’accord ,pour créer des maisons médicales dans les déserts ,il faut trouver des médecins ,infirmières et autres personnels qui acceptent d’aller dans ces déserts.Comment motiver des gens qui sont plus attirés par les attraits des grandes villes?

      • C’est vrai que ce n’est pas simple, car au-delà de l’attrait des grandes villes, c’est surtout le manque de professionnels qui occasionne des urgences innombrables. De ce fait, les conditions de travail sont trop difficiles pour ceux qui tentent l’installation dans ces bassins de soins à la démographie inégale. C’est tout un circuit qu’il faut remettre en place, du pharmacien à l’infirmière libérale, de la maison de garde aux pôles de soins, afin de ne réserver les urgences qu’aux cas ad hoc. Les incitations à l’installation en termes de réduction de charges sociales n’ont pas suffi. Peut-être faut-il réfléchir à une meilleure articulation entre les professionnels de la santé, pour ne pas laisser un médecin généraliste tenir toutes les urgences nuit et we.
        Egalement, mieux former les pompiers, multiplier les formations aux premiers secours, délivrer des messages de prévention sur les urgences vitales. (infarctus, AVC). Il y a clairement du travail mais la première des choses serait déjà de définir une stratégie claire, qui ne soit pas tiraillée par les différents lobbies. Ces derniers en France, en voulant conserver trop de prés carrés, ont définitivement empêché la modernisation et l’adaptation du système de soins.

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