Le rêve gardois

Il s’appelle Édouard Chaulet. Il est maire de la commune de Barjac, dans le Nord du Gard, entre Cévennes et gorges de l’Ardèche. Cela fait trois mandats qu’il s’emploie à transformer ce village de 1400 âmes à coups d’événements culturels et d’actions destinées aux générations futures. Édouard Chaulet, comme Pierre Rabhi, son voisin ardéchois, a connu la sobriété voire la misère lors de son enfance. Il se souvient de l’importance des repas, préparés par sa mère, qui devaient être bons en toute circonstance. Il se souvient de la production locale, à une époque où la plupart des gens du village étaient agriculteurs.

Il a connu une époque où l’on parlait moins mais on agissait peut-être plus ? Bien avant la vogue des concepts de « circuit court », de « locavore », etc. Bien avant les labels « bio » ou « équitable » qui font aujourd’hui fureur chez tous les bobos qui s’ignorent ! Devenu maire de Barjac, il a fait entrer le bio à la cantine de l’école. Patiemment, avec son équipe et de nombreux partenaires locaux, il a diffusé toute une pédagogie à l’attention des enfants comme des parents. Si vous cherchez une trace de monsieur le Maire de Barjac dans les journaux, oubliez la presse grand public ! Seul l’hebdomadaire l’Humanité semble s’être aventuré sur ses terres, c’était en 2013.

Monsieur le Maire a aussi été repéré en encensé par un certain critique gastronomique, le dénommé Périco Légasse. A l’écran, il est passé devant la caméra de Jean-Paul Jaud, à l’occasion de son film documentaire « Nos enfants nous accuserons » (2008). Dans un pays où l’on semble passer son temps à cocher des cases – voire à devoir y entrer – Édouard Chaulet détonne. Après des débuts assez rouge PCF, l’ancien professeur d’Histoire-Géo est résolument passé au vert, pour sa commune et pour ses « chers concitoyens ». Mais sans rien perdre en humanité…

barjac

Cet été, monsieur le Maire n’était pas peu fier, comme l’atteste son blog, de cette « connivence qui réunit en un temps festif, 2 tribus, 2 fleuves, en une même marée humaine vivante et pensante. » D’un côté les festivaliers qui font le plein d’émotions musicales. De l’autre, les adeptes du bio qui cherchent à rempli leur sac à provisions du meilleur pour leur corps et pour leur âme. Édouard Chaulet se bat depuis plus de 10 ans pour l’éducation par l’assiette, pour la santé publique – notamment en s’opposant à l’exploitation des gaz de schiste – et pour la survie de l’agriculture paysanne.

Que peut-on retenir de l’expérience locale du maire de Barjac ? Qu’il en faut de la patience pour changer les choses. Qu’il ne faut pas trop attendre « d’en haut », que ce soit de Paris ou de Bruxelles. Notamment à l’heure du grand divorce entre le peuple et les grandes formations de gauche comme de droite, tombées dans l’ornière du ridicule. Monsieur le Maire nous donne une vraie leçon de responsabilité locale, bref de citoyenneté. A Barjac comme ailleurs il faut parfois un peu de culot pour forcer le destin politique local. Autrement dit : les consultations et autres pratiques très « démocratiquement correctes » ne sont pas toujours souhaitables. Parfois un peu d’autorité ne fait pas de mal à qui veut faire progresser le sort de ses administrés !

Laurent

 

 

 

 

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