Comment naissent les anglicismes ?

Reengineered jeans ou reengineering d’entreprise, strike au bowling ou one shot commercial, les anglicismes sont partout. Voilà bien une espèce qui n’est vraiment pas en voie d’extinction ! S’ils pullulent et que même l’Académie française n’arrive à contenir le flot entrant, c’est bien qu’il se passe quelque chose de particulier au niveau linguistique.

Les anglicismes sont des enfants de la mondialisation. Ils proviennent d’un grand courant d’import-export. Il y a ceux qui arrivent directement, par cargaisons entières, avec l’importation de « produits culturels » d’Hollywood et d’ailleurs. Ces termes qu’on a jugé bien inutile, totalement superflu pour ne pas dire artificiel, d’essayer de traduire dans la langue de Molière. D’ailleurs, souvent, lorsque l’équivalent français d’un anglicisme surgit d’on ne sait quelle commission de défense de notre belle langue, la greffe ne prend pas !

Ensuite il ne faut pas oublier nos émissaires, expatriés au long cours, qui à force d’acculturation finissent par prendre leur liberté vis-à-vis de la langue française ! Ainsi ce jeune entrepreneur (on n’est pas peu fier d’entendre les anglo-saxons user et abuser de ce mot bien de chez nous) revenant de L.A. (prononcer « aile haie »). Mais attention à la surdose d’anglicismes. Abuser d’anglicismes peut irriter nos prudes oreilles franchouillardes.

En mode « corporate », l’usage systématique de ces mots crée une espèce de novlangue managériale qui tend à faire perdre toute authenticité. Quid du sens véritable des mots ? Quid de la volonté d’être vraiment compris de tous ?

Les pires anglicismes sont peut-être ceux qui ne sont pas restés en V.O. Les fourbes ! Ces mots que l’on a voulu, coûte que coûte, traduire en français. Comme par déguisement, par ruse ! Si un collègue affirme que, contrairement à son prédécesseur, le nouveau directeur financier est une « belle personne », qu’entend-il vraiment par « belle personne » ? Dans ce cas d’espèce, « nice » possède un double sens, celui de beau et celui de gentil.

Mais qui oserait affirmer qu’un nouveau dirigeant est « gentil » ? Tout ceci parce que, depuis son arrivée, depuis que l’on s’est vu en face to face, il n’y a plus de problème de deadline ! On le voit bien, les anglicismes sont des intrus, des passagers clandestins de la langue de Molière… En mode « disruptif » !!

Laurent

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