La viande : faut-il en faire tout un plat ??

Il paraît que la consommation de viande aurait baissé en France. Est-ce une réalité mesurée par les grands faiseurs de steaks et de saucisses ? un complot végan ? Quoi qu’il en soit, la consommation de viande est un choix passionnel. Un crime passionnel aussi pour nos confrères cochons, veaux ou volailles ?

Pour ou contre la viande dans nos assiettes ? C’est d’abord un problème de santé. Il renvoie directement au « mauvais gras », aux problèmes cardiovasculaires voire aux cancers liés à une consommation excessive ou simplement trop régulière – systématique, tous les jours – de produits issus des animaux, de ferme ou de la forêt, nourris avec ou sans OGM… Une question de santé individuelle et, on s’en doute, un problème de santé publique avec ses conséquences financières. Mais arrêtons-là cette fâcheuse digression !

Et puis c’est aussi une question environnementale. Combien de litres d’eau, combien d’énergie, combien de ressources pour obtenir 1 kg de viande, comparé à son équivalent végétal ? Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ou ne s’en doutait pas. L’empreinte écologique du Big Mac, du pâté en croûte ou du kebab reste peu flatteuse, mais quel business ! En attendant, le « pic de viande » aurait été atteint chez nous il y a vingt ans déjà. La viande alors, sur la pente descendante ?

Halte-là, n’oublions pas la culture, les traditions et autres préjugés favorables à la viande (sans parler de la publicité). Eh oui, c’est aussi une question culturelle. Une longue accumulation d’habitudes alimentaires avec des rations de viande croissantes au fil du temps. Notamment à l’heure du réfrigérateur et de l’hypermarché ! Et en réaction aux privations de la dernière guerre mondiale.

Mais on entend déjà les râleurs, du genre « foutez-nous la paix » et « laissez-nous manger »…nos viandes rouges persillées, nos pâtés industriels ou maison, nos rillettes, nos merveilleux jambons fumés. Notez l’aspect possessif (« nos rillettes », etc.) comme s’il était inscrit dans le Code Civil que la consommation de produits carnés étaient un droit inaliénable. Une propriété privée qui ne regarderait que nous-mêmes, en mode « consommateur hors-sol » ! La viande, un caprice d’enfants gâtés ? Quid de la cause animale, et du projet de Code Animal, toujours pas sorti des cartons ?

 

viande

SEBASTIEN BOZON / AFP

Certes l’on ne va pas bannir la consommation de viande, ni la pénaliser. Mais peut-on décemment oublier l’impasse démographico-économico-géopolitique, bref le « merdier » dans lequel on se met dès lors qu’on rêve que la consommation intensive de viande puisse et même doive s’étendre à la terre entière ! La viande, inscrite à la Déclaration des Droits de l’Homme… L’Homme carnivore, chagriné à l’idée qu’on le prive de son steak ? Mais ce serait faire fi des traditions locales, où végétariens ou végétaliens ont toujours existé.

Ce serait oublier notre histoire commune. Une histoire faire de sobriété, de système D avec les « moyens du bord », où haricots rouges ou lentilles vertes du Puy faisaient davantage partie de notre quotidien que les pots-au-feu, blanquettes de veau et autres choucroutes royales ! Sauf dans quelques châteaux, évidemment !

On pourrait aussi arguer de la longueur de nos intestins, qui nous rapprochent davantage des animaux végétariens que carnivores. Au risque de déclencher les foudres des adeptes du « c’est pas ma faute à moi, ce sont mes gènes » ou encore « c’est juste une question de groupe sanguin, on n’est pas tous égaux face au besoin de viande ».

Après l’histoire de la vache folle (la pauvre, quand on y pense !), après le scandale du poulet aux hormones, revoilà au galop (si l’on ose dire…) l’affaire, libre-échange oblige, de la concurrence de la viande d’animaux élevés dans des méga-exploitations (fermes aux 10 000 vaches ?) outre-Atlantique, gavés au soja transgénique, dopés comme un sprinter du tour de France. Ces « pauvres bêtes » auxquelles on donne des suppléments en vitamines et oligo-éléments (signe de la pauvreté des sols lessivés par l’agriculture intensive). Car c’est un fait : la vérité finit toujours par refaire surface. Qu’elle énerve les uns, choque les autres ou fasse bassement ricaner certains, on n’a donc pas fini de débattre sur la viande. Sur ce, bon appétit !

Laurent

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