Cache-cache mondial

Comment rassurer les enfants face au vide des rues, des avenues, des coins et des recoins habituellement si fréquentés ?

Peut-être en les faisant jouer à cache-cache. Un jeu qui fait appel à l’imagination, la curiosité. Un jeu qui joue aussi sur la peur. Celle, utile, qui pousse les enfants les plus compétitifs à bien se cacher, bien s’isoler, pour évidemment retarder au maximum le moment où ils seront découverts. Un jeu qui apprend donc un peu à jouer avec ses peurs, mais aussi avec la joie de se retrouver. D’où les grands cris qui marquent la fin d’une partie de cache-cache. Des cris animaux pour nos petits animaux sociaux…

Joie de se retrouver, comme celle qui sera la notre, une fois le confinement levé.

Alors voilà. Aujourd’hui, pays après pays, petit à petit, le monde entier joue ou jouera à cache-cache. Un cache-cache mondial entre nous et les autres. Une partie d’évitement, progressive, de confinement, si redoutable pour les animaux sociaux, petits et grands. Une partie d’évitement contre nature, à l’heure du pic de la mondialisation, des grands échanges, contacts, relations dans l’économie bien réelle…

Tout le monde espère que la majorité d’entre nous jouera le jeu, respectera les règles. Tout le monde a peur des conséquences, déjà bien réelles, du non respect des règles de base. Car ce non respect des règles a des conséquence fâcheuses, vertigineuses, terrifiantes.

Le Président, ses acolytes et tous les médias, repris en cœur par moult entreprises, ressassent les règles de base. Jusqu’au boulanger du coin. Au nom de la responsabilité individuelle. Ressasser. N’est-ce pas ce que font, normalement, tous les parents dans l’éducation de leurs rejetons ? Et tous les adultes éducateurs, enseignants, tuteurs.

De même qu’on ne peut pas jouer à cache-cache toute la journée, des personnes sortent du jeu, de temps en temps, pour leurs besoins vitaux. Ils sortent dehors, masqués et gantés, se tenant à une distance respectable de toute vie sociale. Mais le risque zéro, la fiabilité totale des mesures prises, n’existent pas. Et ça aussi les enfants peuvent le comprendre, chiffres à l’appui. Mais à chacun ses problèmes, et ce n’est pas aux enfants de gérer les problèmes des adultes ! En confinement aussi, les enfants doivent être préservés de la pollution psychique de leurs aînés.

Chez les plus âgés, adolescents et adultes de tout âge, il y a parfois une crainte naturelle de la rue. Gêne en public, autisme qui ne dit pas son nom, le confinement est pour eux une seconde nature. L’extérieur, notamment urbain, leur est hostile. La nature reste une tolérance, mais sans excès. Le contact avec les autres, bien avant toute pandémie, les fatigue rien que d’y penser. Un peu comme ces nœuds au ventre que certains ressentent, somatisant un entretien futur, un rendez-vous important. Ont-ils en eux le souvenir inconscient de traumatismes passés, de guerres ou de pandémies ?

Le cache-cache ne serait donc pas qu’un jeu. Une sagesse, popularisée au XVIIIème siècle par Jean-Pierre Claris de Florian :
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons cachés

Laurent

Une réflexion sur “Cache-cache mondial

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