La face cachée de Lampedusa

Lampedusa. Cette petite île italienne, située au Sud du Sud de l’Europe – beaucoup plus proche de la Tunisie que de la « botte » – a fait parler d’elle lorsque la « crise » des migrants a surgi de nos radars médiatiques. Car soyons honnêtes, depuis le passage de Saint Louis à « Lampedouse » en 1254… cette île de 20 km² n’avait pas spécialement fait parler d’elle !

Lampedusa 2

Lampedusa ou l’île de la honte. L’île de la misère aussi ! La misère d’un centre de tri des migrants, d’un point chaud (hotspot). La misère d’une Union européenne désaccordée. Lampedouse ou le théâtre d’un phénomène migratoire incontrôlé entre Afrique et Europe. Un flux continu improprement nommée « crise ». La misère de Lampedusa ne tient pas qu’à sa situation sociale et politique on ne peut plus hasardeuse. C’est que depuis fort longtemps, l’île est décimée ! Décimée au sens propre : Lampedouse a presque totalement perdu sa couverture forestière.

Lampedusa

Lampedusa

Cet appauvrissement, que l’on retrouve plus au Nord, en Sicile notamment, remonterait à la Rome antique. Côté pile, il faut bien l’admettre, la déforestation a permis de faire de la place à l’agriculture. Côté face, la disparition des arbres a modifié le climat local, avec une baisse de la pluviométrie et un appauvrissement du sol. Car on a quelque peu oublié que la richesse de la terre agricole (l’humus) est avant tout un héritage forestier !

On sait aujourd’hui que le débat se poursuit, côté recherche. Avec d’un côté les défenseurs de l’hypothèse d’un défrichement intensif. Celui-ci se serait produit entre la naissance de la Cité grecque et les invasions Arabes – que ce soit pour les besoins de l’agriculture, pour le chauffage, pour le travail du métal ou encore pour la construction navale. Et de l’autre côté, des scientifiques qui nuancent cette ravageuse hypothèse, tablant sur la capacité naturelle de la forêt à se régénérer, du moins lorsque certaines conditions climatiques le permettent !

Toujours est-il qu’aujourd’hui, à Lampedusa, l’autonomie en eau de l’île n’est plus assurée. Et cela avec ou sans migrants. Et l’autonomie alimentaire n’est qu’une chimère… En filigrane, ces difficultés locales font écho à celles, plus globales, des pays voisins du Sud de la Méditerranée. Du Maroc jusqu’au Yémen, en passant par la Syrie, des aléas climatiques – provoquant une contraction des approvisionnements de blé et une hausse des prix – auraient contribué au Printemps arabe.

Laurent

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